mercredi 30 décembre 2015

Clôture du Challenge ABC Imaginaire 2015 [bilan]


L’année 2015 se termine, et avec elle mon tout premier challenge ABC !


Rappel du règlement dans mon billet de présentation et de suivi.

Le challenge se déroulait du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015.

Les récompenses étaient les suivantes :


Uue médaille décernée aux participants ayant atteint un certain degré d'avancement dans le challenge :


- Médaille d'or : 26/26

- Médaille d'argent : 20/26
- Médaille de bronze : 15/26
- Médaille de chocolat : 10/20

- Et le petit bonus pour les motivés : la médaille de platine, attribuée à tous les participants ayant au minimum atteint la médaille de chocolat et qui n'auraient effectué au maximum que 3 changements par rapport à la liste initiale qu'ils se seraient fixés lors de l'inscription.



Bilan de mes lectures :

A. Albert, Raphaël - Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, tome 1 : Rue Farfadet (Steampunk) Lu

B. Beauverger, Stéphane - Le Déchronologue (Science-fiction) Lu
C. Carey, Jacqueline - Kushiel, tome 1 : La Marque (Fantasy) Lu
D. Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos (Fantasy) (3ème changement) Lu
E. Aguirre, Ann - Enclave, tome 1 (Science-fiction) (tricherie n°1)
F. Farmer, Philip José - Les amants étrangers (Science-fiction) Lu
G. Grant, Mira - Newsflesh, tome 1 : Feed (Horreur) Lu
H. Hill, Joe - Nosfera2 (Horreur) Lu
I. DiLouie, Craig - Infection, tome 1 (Horreur Science-Fiction) (tricherie n°2)
J. Jaworski, Jean-Philippe - Récits du Vieux Royaume, tome 1 : Janua Vera (Fantasy)
K. Khara David S.- Les vestiges de l’aube (Thriller Fantastique) Lu (2ème changement)
L. Lowry, Lois - Le Passeur (Science-fiction) Lu
M. Malerman, Josh - Bird Box (Horreur Science-Fiction) Lu
N. Nevill, Adam - Derniers jours (Fantastique) Lu mais non chroniqué
O. O'Donnell, Cassandra - Rebecca Kean, tome 1 : Traquée (Bit-lit)
P. Peru, Olivier – Druide (Fantasy)
Q. Quesne, Didier - Magicienne (Fantasy) Lu
R. Rice, Anne - La reine des damnés (Fantastique)
S. Sanderson, Brandon Fils-des-Brumes, tome 1 : L'Empire ultime (Fantasy)
T. Tolkien, J.R.R.  - Les Enfants de Húrin (Fantasy)
U. Carriger, Gail - Une aventure d'Alexia Tarabotti, T1, Sans âme (Steampunk) (tricherie n°3) Lu
V. Vinge, Vernor - Un feu sur l'abîme (Science-fiction)
W. Willis, Connie – Passage (Science-fiction)
X. X. Collectif - Walrus Institute : l’anthologie interdite (Horreur) Lu (1er changement)
Y. Yancey, Rick - La 5e vague, tome 1 (Science-fiction)
Z. Zelazny, Roger - L'Ile des Morts (Science-fiction) Lu

Total : 15 livres lus sur 26

Vu que je n’ai effectué que 3 changements par rapport à ma liste initiale, je pense pouvoir obtenir la... MEDAILLE DE PLATINE et je suis ravie d'être arrivée à ce résultat !
Evidemment, j'espère faire encore mieux l'année prochaine :)

Challenge Vapeur et feuilles de thé - An II [inscription et suivi]


La bibliothèque de mon dirigeable étant toujours bien fournie en romans steampunk, c'est avec joie que je remets mes machines à vapeur en route pour cet An II, d'autant que :
  • Un titre lu suffit à valider le challenge 
  • Qu'il n'y a pas de date de fin à l'horizon !!!
Petit rappel pour les nouveaux : Le steampunk, qu’est-ce que c’est ? 
Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction ou de la fantasy qui s’est développé dans les années 80 (de 70 à 90 suivant les sources). Le steampunk implique un cadre narratif où la vapeur est encore largement utilisée (généralement pendant l’ère victorienne en Grande-Bretagne) et qui incorpore des éléments de science-fiction. Le steampunk est caractérisé par des innovations futuristes qui auraient pu être imaginées par des contemporains de l’époque victorienne, tel qu’on les trouve dans les œuvres de HG Wells et Jules Verne.Des motifs comme la magie ou le voyage dans le temps peuvent y apparaître. Le steampunk évoque souvent des univers urbains sombres, voire franchement glauques, qui peuvent se situer dans des grandes villes, comme Londres – pas le Londres qui a réellement existé, mais un autre Londres, fantasmé et uchronique.
Forte de mes découvertes de l'An passé, cette fois notre objectif est de dresser une bibliographie la plus exhaustive possible du steampunk.
J'ai donc enfilé mon bleu de chauffe, et je retrousse mes manches avec joie pour mettre les mains dans le cambouis. Dépoussiérer et huiler un maximum d'engrenages par le biais de mes lectures sera donc ma modeste contribution à cette bibliographie en cours de montage :)
Toutes et tous, à vos manettes..., feu..., PARTEZ !!!


Pour retrouver le blog de Sia, ainsi que toutes les informations sur ce challenge, cliquez sur le joli logo ci dessus !

vendredi 25 décembre 2015

Feed, tome 1 (trilogie Newsflesh) de Mira Grant :

Résumé : La bonne nouvelle : nous avons survécu. La mauvaise : eux aussi.
2034. Il y a vingt ans, l'humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession : se nourrir.
Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité, même s’ils doivent y laisser la vie.

Horreur – 450 pages – Editions Bragelonne (2012)

Avis : Ami(e)s blogueuses, blogueurs, bonjour ! 
Voilà peut-être ce que sera notre rôle un jour : mettre notre clavier au service de la vérité avec un grand V ! Peut-être que lorsque notre voisin aura des velléités de casse-croûte à notre égard, et qu’il nous verra comme un savoureux hot-dog sur pattes, peut-être alors serons-nous là pour vous alerter, vous informez, et vous faire vivre la réalité en direct-live, sans filtre ni censure ! 
Peut-être même deviendrons-nous célèbres, à l’instar de Georgia, Shaun et Buffy (les blogueurs de ce roman), à tel point qu’un candidat à la présidence de la république nous demandera de suivre sa campagne à travers tout l’Hexagone…
Stop, là je m’égare, et pour le coup c’est moi qui pars en live :)

Feed est un roman de zombies, ok ! Mais pas que !
Le sujet zombiesque n’est pas aussi réducteur que veulent bien le croire certains. Il ne se résume pas à des scènes de cervelles que l’on fait allègrement sauter, à une bande-son faite de grognements entrecoupée de cris désespérés, ni de savoir qui mordra qui, ou de comment se sortir d’une grande surface cernée de cadavres belliqueux ;-)
Non, comme dans tous les romans post apocalyptiques, il aborde de nombreux sujets, et c’est bien ça qui me plaît particulièrement dans ce genre… 

Dans cette trilogie, l’auteur a choisi d’appeler cette contamination le virus "Kellis-Amberlee", une mutation créée à partir d’une interaction entre deux virus, expliquée de manière plutôt aboutie.
Et de prendre pour héros de jeunes blogueurs.
Voilà qui change des Brad Pitt sauveur du monde, ou de la bande de gros losers qui s'épanouit dans l’abattage de têtes en décomposition.
Je vous présente donc un trio de choc :

- Georgia Mason la rédac, qui a laissé sa langue de bois au vestiaire, et qui nous assène LA vérité avec une sincérité toute percutante sur son blog : Âmes sensibles s’abstenir
Si nous n’avions pas à craindre les vérités qu’on nous cache, nous n’aurions plus besoin d’avoir peur de celles que nous connaissons. Les gens devraient méditer sur ça.
Extrait d’Âmes sensibles s’abstenir, 
blog de Georgia Mason, le 2 avril 2040

La différence entre la vérité et un mensonge ? Les deux font mal, mais un seul vous aidera à vous reconstruire après. 
Georgia Mason

- Shaun Mason l’irwin(¹) qui se dope à l’adrénaline et aime asticoter du zombie devant la caméra pour le plus grand plaisir de ses nombreuses admiratrices. Il nous relate ses exploits (vidéo à l’appui) sur : Vive le roi

Si jamais vous vous dites que j’ai vraiment un boulot trop cool, que vous aimeriez, vous aussi, taquiner les zombies à coups de crosse de hockey pendant que vos copains tournent un film amateur, laissez-moi vous donner un petit conseil : allez d’abord obtenir votre accréditation. Si, après avoir brûlé pour la première fois le corps d’une gamine de six ans avec du sang sur les lèvres et une Barbie serrée entre ses bras, vous êtes toujours intéressé, je vous accueillerai à bras ouverts.    Mais pas avant.
Extrait de Vive le roi, 
blog de Shaun Mason, le 11 février 2040

- Buffy Meissonier la geek de haute voltige, hackeuse drôle et sexy, blonde et avec un cerveau de compète (si c'est possible, nan mais !), et poète à ses heures, elle nous offre sa prose dans : Le bruit des vagues
…mais ils ont été comme nous, ils sont nos enfants,
Ces ombres qui avancent dans l’obscurité,
Les yeux vides et les mains avides,
Elles parcourent, seules, l’espace qui sépare
Le pardon et la tombe du pénitent.
Extrait d’«Eakly, Oklahoma», 
première publication sur Le bruit des vagues, 
blog de Buffy Meissonier, le 11 février 2040

Si je mets en avant ces extraits, c'est que chaque chapitre du roman se termine par un billet de blog, et j’ai trouvé ça vraiment original et captivant pour les lecteurs que nous sommes. Ce point de vue apporte un angle différent, et permet de prendre du recul entre des chapitres riches en action, émotions, suspense et rebondissements !

Un petit détail m’a chiffonnée cependant... : les tests sanguins !
Bon c'est sûr, autant ne pas risquer d'avoir brutalement envie de boulotter un Sénateur en pleine meeting, cela pourrait faire désordre ^^ Mais à la longue, j’ai eu du mal à m’imaginer le bout de leurs doigts autrement que comme des passoires sanguinolentes et tuméfiées vu le nombre de lancettes qu’ils s’envoient à longueur de journée… 

D’abord la sensation de froid du métal de la lancette contre mon doigt, puis la piqûre de l’aiguille perçant la peau. Les tests pour le diabète ne font pas mal ; les malades sont censés les utiliser continuellement, et un peu de confort peut suffire à faire la différence. Les tests Kellis-Amberlee font mal, et c’est voulu. La perte de sensibilité à la douleur fait partie des premiers signes de réplication virale.

Bon alors, maintenant vous voulez savoir si j’ai vraiment aimé, c’est ça ? Tss, tss, tss, ne soyez pas si pressés, j’y viens, j’y viens…

Alors pour faire court, j’ai passé un très bon moment avec ce premier tome, même s’il n’était pas aussi costaud que je l'espérais. Dans costaud, j’entends un peu plus corsé, qui me bouscule davantage. Les idées sont bonnes, les personnages réussis, mais il m’a manqué un tout petit peu de mordant, si vous voyez ce que je veux dire ;-)
Non, vous ne voyez pas ? Ce n’est pas grave, j’aurai l’occasion de développer le sujet dans d’autres chroniques, car ce n’est certainement pas le dernier roman de zombies que je lirai, sans parler du tome suivant qui me tend déjà les bras en titubant et raclant les pieds :D
Ami(e)s blogueuses, blogueurs, tenez-vous prêts !!!

(¹) D’après Steve Irwin, surnommé « le chasseur de crocodiles », animateur de télévision australien, mort en 2006, après avoir été mortellement blessé par une raie lors d’un tournage. (NdT)
Lettre G - 13 / 26

mercredi 2 décembre 2015

Les vestiges de l’aube de David S. Khara

Résumé : Manhattan est en proie à une mystérieuse vague de meurtres. Barry Donovan, flic New Yorkais dévoré par le désespoir, mène une difficile enquête. Au détour d’un salon de discussion sur Internet, il fait la connaissance de Werner. Personnage passionnant et hors du temps, il se révèle un ami bien peu commun…
En compagnie du plus humain des vampires, découvrez les secrets enfouis dans les VESTIGES DE L'AUBE.

Thriller Fantastique – 264 pages – Editions 10/18 (2014)


Avis : Peut-être ne le savez-vous pas encore, mais les histoires de sérial killers qui font dans le grand art ou le rituel religieux, les kidnappeurs d’enfants, et autres tortionnaires en tous genres, adeptes des petits morceaux façon puzzle ou des jeux de pistes version Petit Poucet sanguinolents, et j’en passe…, ne me branchent pas du tout !
Je ne suis pas fan du genre thriller pur et dur !!!
Bon, voilà..., ça, c’est fait :D
En revanche, quand il s’acoquine avec du fantastique, – comme c’est le cas ici ! -, de la science-fiction, de la fantasy, où même quand il prend ses aises à la sauce historique bien épicée version Tim Willocks par exemple, là je dis « Banco !!! ».

Alors allons-y gaiement ; pour la 1ère session de la deuxième édition du challenge de La Licorne, je vous présente ce thriller fantastique d’un auteur français, qui, élément non négligeable, se déroule à New-York !

C’est sur les premières notes de la chanson New York, New York que commence le roman :
Start spreading the news, I’m leaving today
I’ll make a brand new start of it, in old New York…
Une rengaine qui tourne en rond dans l’esprit de Sully, venu accomplir son cinquième meurtre de manière quasi chirurgicale, tireur expérimenté pour qui une seule et unique balle suffit !
Le lieu de l’exécution n’est pas n’importe lequel, nous sommes dans un appartement huppé du centre de Manhattan où vit Vincent Hensborn, courtier, nouveau riche plein aux as, abattu d’une balle dans la nuque selon le même mode opératoire que ses quatre prédécesseurs, de très riches hommes d’affaires également.
Voilà donc le point de départ d’un thriller qui pourrait paraître, somme toute, assez conventionnel ; des meurtres, une enquête, un mobile et un assassin à débusquer, un lieutenant un peu atypique au milieu de tout ça…, bref, rien de très original à première vue ! 
Mais, je vous arrête là, ce thriller n’est pas commun, il détient un côté, ou devrais-je dire un personnage surnaturel qui fait toute la différence, et pour le coup, pas banal du tout ! Mais je vous en parlerai un peu plus bas, patience… ;-)

Place d’abord au lieutenant chargé de cette enquête ; Barry Donovan, policier de son état. Lieutenant dans les services de police criminelle de New York, un trentenaire cérébral et sportif :

« Barry Donovan ne se lassait pas de ce spectacle. New-yorkais depuis une petite dizaine d’années, il avait fait de Central Park son repaire. Il y venait souvent courir au crépuscule, ou aux premières lueurs de l’aube, pour trouver calme et sérénité. Les volutes orangées contrastaient alors avec le ciel d’un bleu azur. De purs moments de bonheur »

Mais contrairement aux apparences, tout est loin d’être bleu azur dans la tête de Barry ^^
Outre son métier, Barry porte l’énorme fardeau d’un traumatisme et de blessures de l’âme telles que des consultations régulières chez un psychologue, et le gros travail d’analyse effectué tout seul n’ont pas réussi à le sortir du gouffre dans lequel il a sombré depuis dix ans.
Afin de se "sociabiliser", il a intégré le monde virtuel et anonyme du Web l’année précédente, et après trois semaines d’errance stérile derrière son clavier, a fait LA rencontre, celle d’un dénommé Werner.

Transition idéale pour revenir à cet individu "extra"ordinaire, dont je vous parlais plus haut, et brillamment incarné par Werner Von Lowinsky, le mystérieux internaute justement !
Voilà un homme cultivé aux manières d’un autre siècle, solitaire mélancolique terré dans son antre depuis des dizaines d’années, il sait pourtant être spirituel et même philosophe à ses heures… mais seulement derrière son écran ! Passionné de cinéma (comme Barry), il est charismatique, possède un charme certain, est énigmatique, distingué, brillant,… mais aussi effroyablement dangereuxt !
Effectivement, vous présumez bien, c’est lui le héros avec un grand H de cette histoire…, et celui qui m’a le plus intéressée évidemment !
Ah oui, tiens, j’ai omis de préciser qu’il est né en 1812 à New York, mais qu’il porte plutôt très bien sa centaine d’années, grâce à son régime dans doute… ? Enfin bref, voilà de quoi vous mettre sur la voie de sa véritable nature :

« Le principal bénéfice de ma condition ? Le Temps ! Bourreau de mes anciens congénères, il est devenu négligeable. »
« Ne fais-je pas fausse route en me rapprochant du monde des vivants ? Me reste-t-il quelque espoir ? J’ai patiemment construit, au fil des décennies, un univers protecteur, un semblant de vie. Et ce, pour masquer la sinistre vérité : je suis un mort qui marche, parle, et pense. »
« Quelle place trouver dans l’existence quand on a les ténèbres pour seule compagne ? »

Alors, je vous le confie sans hésiter ; ce n’est pas l’enquête policière ni son dénouement qui m’ont passionnée ! Le côté exclusivement thriller, la recherche de l’assassin, et du pourquoi du comment, ne m’ont pas intéressée plus que ça ! En fait je m’en fichais un peu de ces meurtres, des draps en soie tachés et difficiles à ravoir, de la moquette irrécupérable, et de savoir qui était à l'origine de tout ce bazar… ^_^
Le retentissement de ces meurtres sur les personnages m'interpellait bien plus !

Pour être franche, dès le chapitre 2 et l’entrée en scène de Werner, c'est lui qui a volé la vedette, j’étais avide de le connaître mieux ! Et puis son amitié virtuelle avec Barry, cette rencontre hors du commun, ce duo improbable, le fil invisible reliant ces deux hommes, l’évolution de leur relation, le secret inavouable de Werner, son désir d’humanité retrouvé malgré sa dangerosité omniprésente,…  
Tout ça, mêlé au suspense, il n’en fallait pas plus pour me faire passer un bon moment de lecture !
La suite : Une nuit éternelle, a déjà pris ses quartiers dans ma bibliothèque, car évidemment, je VEUX en savoir plus ;)

Lettre K - 12 / 26
 

mercredi 25 novembre 2015

La maison du sommeil de Jonathan Coe

Résumé : Dans l'Angleterre des années 80, Ashdown sur la côte est une grande bâtisse gothique quelque peu inquiétante qui sert de résidence à des étudiants, une galerie de personnages bien fêlés...
Ce livre n'est pas un roman policier mais un livre à tiroirs dans lequel critique sociale et politique, réflexions sur le sommeil, la sexualité, l'amour, opinions sur la psychanalyse ou sur une certaine critique cinématographique se juxtaposent avec un humour décapant.
Ce livre a reçu le prix Médicis Etranger 1998.

Contemporaine - 459 pages - Edition Folio (2000)

Avis : Comme je vous le disais dans mon dernier billet séance de rattra’pages, voilà un auteur dont vous entendrez encore parler sur ce blog !
Avec ces premières lignes, j’ai déjà annoncé la couleur, pas vrai ? 
Vous avez d’emblée compris que ce premier J. Coe sorti de mes étagères fut une révélation de plus, et que du coup, je me dois de vous en dire davantage ;-)

D’abord, vous l’avez remarqué, il s’agit bien de littérature contemporaine, et pas de SFFF pour une fois ! Je suis donc allée m’aventurer sur des sentiers que j’explore trop peu souvent !
Commençons par la question de rigueur ; pourquoi ce titre-là alors que j’ai d’autres romans de l’auteur en ma possession ? Eh bien je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le thème du sommeil est un de ceux qui m’intéressent, peut-être parce que je ne suis pas une grande dormeuse, allez savoir ? !
Évidemment, ce roman n’est pas un essai ni un recueil scientifique sur le sommeil, loin de là, et vous n’apprendrez rien de très novateur sur le sujet, mais malgré tout il est le pilier du récit ! ! 

C’est au sein d’une demeure nommée Ashdown, que ce thème captivant va élire domicile. Un endroit où je n’aurais d’ailleurs pas envie d’aller passer quelques nuits dans les bras de Morphée au vu des premières lignes la décrivant, mais aussi pour d’autres raisons qu’évidemment je ne vous dévoilerais pas... :

Énorme, grise et imposante, la propriété d’Ashdown se dressait sur un promontoire, à une vingtaine de mètres de la falaise à pic, qu’elle surplombait depuis plus d’un siècle. Toute la journée, les mouettes tournoyaient autour de ses flèches et de ses tourelles, avec des gémissements stridents. Jour et nuit, les vagues se brisaient furieusement contre la paroi rocheuse, et résonnaient comme un grondement de camions dans les salles glaciales et le dédale de couloirs de la vieille bâtisse. Même les recoins les plus vides d’Ashdown — qui était désormais presque entièrement vide — n’étaient jamais silencieux »

Jadis résidence privée et demeure d’une famille, puis acquise ensuite par une université avec logements pour étudiants, elle abrite à présent une clinique privée et son laboratoire du sommeil. Et c’est bien là, dans ce lieu assez atypique, que va se nouer et se dénouer toute l’intrigue du roman, entre passé et présent, passant de l'un à l'autre durant toute notre lecture, sans jamais se perdre en chemin.
Ceux qui vont graviter autour et au sein de cette bâtisse, sont Sarah la narcotique, Robert l'amoureux transi, mais aussi Gregory, Veronica, Terry, Ruby…
Je suis tiraillée entre l’envie de vous parler d’eux, et celle de vous laisser les rencontrer par vous-même. Et finalement je vais choisir la deuxième option car je n’ai pas du tout envie de vous en dire trop les concernant, puisque leur mystère est aussi un des charmes de ce roman ! C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas écrit la totalité du résumé qui en dévoilait beaucoup trop à mon goût...
J’ai pris tellement de plaisir à les découvrir, à tenter d’apprendre à les connaître, à discerner leurs forces et leurs faiblesses, mais aussi à débusquer leurs propres démons… que dès que J. Coe les met en scène, je n’ai plus réussi à les quitter jusqu’à la fin, qui soit dit en passant, est subtilement amenée.
Malgré tout, si je ne devais en choisir qu’un, ce serait évidemment Robert ! Il m’a émue pour sa profondeur, sa sensibilité à fleur de peau, sa détermination en amour, et pour sa force aussi.

Sans trop en dire, mais pour mettre en lumière les subtilités de l’histoire j’ajouterai que le titre, fait également référence à un livre évoqué à plusieurs reprises dans le récit, qui a son importance, et qui relie certains personnages de bout en bout.
Et ce n’est qu’un petit exemple ! Car avec le recul, on comprend que tout a du sens, chaque détail pouvant paraître insignifiant est à prendre en compte. Comme des petits indices glissés de-ci de-là durant notre lecture et dont nous n’avons pas toujours perçu la signification sur le moment. À la fin tout se recoupe, et nous prenons plaisir à les faire ressurgir afin de saisir l’ampleur de l’histoire et la subtilité du cheminement de l’auteur. Un excellent moyen de se refaire l’histoire une deuxième fois dans sa tête, car même après l’avoir refermé, on y repense encore… On le reprend même en main pour retrouver trace de ce qui nous a échappé et qui tout à coup devient lumineux !

Bon, avant de vous endormir avec mon bla-bla, je m’arrête là, et vous confirme que ce roman, malgré son titre, n’a rien de soporifique, bien au contraire !!! 
Merci à toi Marie, de m’avoir donné envie de découvrir cet auteur, et si tu passes par là - ce dont je ne doute guère - je te promets que le prochain sera La pluie, avant qu'elle tombe ;-)

dimanche 15 novembre 2015

Séance de rattra’pages #3

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de juillet, août et septembre 2015, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches Livr'addict)
    
  • Novecento : Pianiste de Alessandro Baricco (87 pages) : Un autre petit bijou de l'auteur, une perle dans son écrin, qui prouve que Soie n'était pas une exception. Un auteur à découvrir sans attendre !
  • Les Chronolithe de Robert Charles Wilson (437 pages) : R.C. Wilson réitère là un coup de maître <3 J'ai encore été bluffée par son intelligence, tout en retrouvant toute la sensibilité humaniste qui caractérise son oeuvre. Plusieurs autres de ses romans m'attendent encore, et ça c'est vraiment génial ;) Ma chronique.
  • Les Hauts de Hurle-Vent de Emily Brontë (413 pages) : Un classique absolument magnifique, qui m'a emportée dans une histoire tragique aux destins tumultueux, mêlant amour, vengeance, folie, mort et famille avec grandeur. A lire, ou relire sans modération !
    
  • Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare (96 pages) : Ah Shakespeare <3 A chaque fois le charme opère !!! Celui-ci est différent et succulent, mais aussi drolatique et féerique ! Une parenthèse enchanteresse quoi !!!
  • Le Treizième Conte de Diane Setterfield (567 pages) : Encore un qui m'a épatée ! Une ambiance unique et follement mystérieuse, au parfum gotique et suranné se fondant à merveille avec l'univers des Sœurs Brontë justement ! J'ai été conquise par cette découverte, ce n'est rien de le dire !
  • La maison du sommeil de Jonathan Coe (459 pages) : Une chose est sûre ; vous entendrez encore parler de J. Coe sur ce blog ! Ma première tentative avec sa plume s'est avérée tellement concluante que je compte bien sortir ses autres romans de mes étagères :) Ma chronique.
  
  • Le Protectorat de l'ombrelle T1 Sans âme de Gail Carriger (425 pages) : Une lecture très distrayante avec des personnages aux caractères bien trempés ! Un univers steampunk comme je les aime, agrémenté de situations parfois burlesques qui m'ont fait passé un moment de lecture assez réjouissant :) Ma chronique.
  • Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphant de Mathias Enard (154 pages) : C'est dans la biographie sur Michel-Ange écrite par G. Vasari, que Mathias Enard a découvert que l'artiste s'était rendu à Constantinople en 1506... Folle d'intérêt pour tout ce qui ce rapporte au génial Michelangelo j'ai voyagé grâce à ce Prix Goncourt des Lycéens, et en suis revenue des étoiles pleins la tête !
  • La bibliothèque des coeurs cabossés de Katarina Bivald (482 pages) : Cette fois c'est aux Etats-Unis, et plus précisément dans l'Iowa que j'ai accompagnée Sara, une jeune suédoise partie à la rencontre de son amie épistolaire pour passer quelques vacances ! Un roman bien sympathique qui parle de rencontres, d'amitié et surtout de livres bien sûr :)
  
  • Les Quatre Eléments T1 Une Ère Nouvelle de Chris Red (394 pages) : Un premier tome au potentiel indéniable ! Si la suite acquiert un peu plus de maturité, elle devrait être encore meilleure, ce dont je ne doute pas vu l’inventivité de l’auteur et les avis enthousiastes ! Merci à lui pour ce partenariat :) Ma chronique.
  • Magicienne de Didier Quesne (315 pages) : Un récit à l’ambiance moyenâgeuse superbement décrite par le talent d’écriture de D.Quesne. Une histoire relevant du conte qui, même s’il ne m’a pas emportée autant qu’espéré, trouvera ses lecteurs j’en suis convaincue ;) Ma chronique.
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Pas de déception ce trimestre-ci !
11 romans lus (3829 pages) ! Maigre bilan, je sais… Mais elles furent enrichissantes chacune à leur manière, m’ont permis de découvrir de talentueux auteurs, et englobent quand même 3 coups de cœur, ce qui est plutôt très positif quand j’y repense.

Côté challenges ; j’ai terminé et réussi la 1ère édition de celui de La Licorne, et ai gaillardement rempilé pour la seconde, que voici.
Idem pour celui de Sia ; Vapeur et feuilles de thé !

Voilà, je ne vous promets pas un prochain trimestre beaucoup plus achalandé car mon mois d’octobre aura été pauvre en lectures, mais espère que l’année prochaine ces petits billets seront plus prolifiques !

D’ici-là je vous souhaite de merveilleuses lectures :)

jeudi 5 novembre 2015

Le challenge de La Licorne 2ème édition


Grâce à la première édition du Challenge de La Licorne (récap' de l'édition 1 en bas de page), je suis devenue une Elfe psychopathe, titre honorifique que je me dois de conserver, vous en conviendrez ;-)
C'est donc avec joie que je rempile pour cette deuxième édition !

Je choisi d’asseoir mon statut en conservant le même niveau parmi les trois proposés : 

Niveau 1 - Elfes psychopathes 
6 livres (3 fantasy - 3 Thrillers)

Niveau 2 - Dragons sanguinaires 
12 livres  (6 fantasy - 6 Thrillers)

Niveau 3 - Trolls tueurs fous - 24 livres
(12 fantasy - 12 Thrillers)

Ce qui implique que j'ai deux mois pour lire un thriller/policier et que les deux mois suivants seront consacrés à une lecture fantasy de n'importe quel type, (dark, heroic, light …), en alternant ces deux genres à chaque session jusqu'en septembre 2016.

Je vous encourage à aller sur le topic LivrAddict du challenge afin d'y découvrir les règles, les différents niveaux, ainsi que les lectures des autres participants. Vous y piocherez pleins de trouvailles dans ces deux genres littéraires !
Allez aussi visiter sans attendre le blog de La Licorne qui est une vraie caverne d'Ali Baba ;)

Ce billet sert d'inscription au challenge, mais aussi de suivi pour y consigner chaque découverte chroniquée ci-dessous :

Session n°1 (oct-nov 2015) - Thriller ou policier :
Les vestiges de l’aube de David S. Khara
Session n°2 (déc-janv 2016)  - Fantasy :
Les annales de la Compagnie noire de Glen Cook - Saga complète de 13 tomes
Session n°3 (fév-mars 2016) - Thriller ou policier :
Session n°5 (juin-juill 2016)  - Thriller ou policier :
- Le maître des illusions de Donna Tartt
Session n°6 (août-sept 2016) - Fantasy : 

CHALLENGE RÉUSSI !!! Un grand merci à toi Licorne :)

mardi 15 septembre 2015

Les Chronolithes de Robert Charles Wilson

Résumé : La vie de Scott Warden bascule le jour où il est témoin de l'apparition du premier Chronolithe à Chumphon, en Thaïlande. Ce monument hors du commun célèbre la victoire du seigneur de la guerre Kuin. Mais cette victoire n'aura lieu que dans vingt ans et trois mois. Qui peut bien être ce Kuin dont on ignore tout ? Et comment ce monument a-t-il pu venir quasi instantanément du futur ? Autant de questions auxquelles vont tenter de répondre Scott et son ancien professeur de physique, Sulamith Chopra, pendant qu'autour d'eux le monde semble s'écrouler, dans l'attente de l'avènement de Kuin.

Science-fiction – 437 pages – Editions Folio SF (2007)

Avis : Si vous avez lu mon billet sur la trilogie Spin, vous savez déjà que je suis tombée folle amoureuse de l'univers de Robert Charles Wilson, cet auteur canadien de science-fiction qui n’en finit pas de me bluffer !

Lorsque l’on découvre un écrivain avec son roman phare, son chef-d’œuvre (j’ai nommé Spin), on fait un peu le chemin à l’envers ; on part du sommet pour forcément redescendre - plus ou moins abruptement il est vrai - mais en se disant tout de même que l’altitude va décroître inexorablement, que la vue sera moins grandiose, et que le meilleur est derrière nous… Alors je l’avoue, j’avais un peu peur de la comparaison !

Malgré cela, j’y suis allée confiante, car je sais que la plume de R.C. Wilson m’ouvre toujours l’esprit, déverrouille des zones de mon cerveau totalement inexplorées, et qu’il me fait ressentir des émotions grâce à la portée humaniste de ses histoires…
J’étais aussi très curieuse de voir comment il avait réussi à en arriver là, tentant de retourner sur les traces de son cheminement vers la perfection, d’aller débroussailler les parcelles d’inspiration l’ayant mené jusqu’au pinacle

Les Chronolithes a été écrit quatre ans avant le phénomène Spin. Ça veut dire que pendant les quatre années qui se sont écoulées entre les deux, la petite graine – qui avait déjà certainement commencée à germer - a probablement été fertilisée par ce récit, ainsi que par d’autres comme Blind Lake écrit en 2003 et que je compte bien lire ensuite... Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le mélange de tous ces substrats n’est pas de moindre qualité, preuve en est ; cette histoire m’a complètement captivée !
À la fin du premier chapitre, je savais déjà que j’étais mordue. Je savais qu’il avait gagné son coup, mais j’étais loin de m’imaginer avec quel brio il abattrait ses cartes, le bougre !

2021, un monolithe colossal (genre d’obélisque étrange et menaçant), atterrit en pleine nuit dans la jungle thaïlandaise, venu de nulle part, porteur d’une date gravée commémorant la victoire d’une guerre gagnée le 21 décembre 2041 (soit plus de 20 ans plus tard) par un guerrier, illustre inconnu, dénommé « Kuin ».
Bien entendu, ceci n’est que le point de départ d’un phénomène qui va s’étendre progressivement à toute la planète, les chronolithes suivants (c’est comme ça qu’on les appelle) vont rapidement se révélés être des statues dudit « Kuin » à l’allure autoritaire et conquérante, dont l’ombre va se propager telle une prédiction matérielle irréfutable.

Considérez le mot lui-même, « Chronolithe » – un affreux mot-valise forgé peu après Chumphon par un journaliste sans oreille, un mot qui ne m’avait jamais plu mais dont j’avais fini par apprécier la pertinence. Chronos, le temps, et lithos, la pierre, n’était-on pas là au cœur du problème ? Le temps rendu solide comme un roc. Une zone de déterminabilité absolue entourée d’une écume d’éphémère (les vies humaines, par exemple) qui se déformait pour en épouser les contours.

Bouleversements politiques, crises économiques, désordres climatiques, montée du fanatisme et de divers mouvements kuinistes, etc… Rien ! R.C. Wilson ne nous épargne rien !
Vous commencez vite à ressentir les effluves d’une atmosphère anxiogène, à vouloir comprendre d’où peut bien venir cet hypothétique ennemi du futur.
Comment lutter face à quelque chose qui semble déjà écrit et forgé dans la pierre triomphante ?
Et au milieu de tout ça, le narrateur, Scott (« Scotty ») Warden, celui qui nous raconte tous ces évènements et dont le récit se découpe en trois parties.
Présent sur le lieu d’apparition du premier chronolithe, il n’est pas seulement un témoin privilégié d’une humanité qui part à la dérive, mais surtout un acteur essentiel relié par un fil ténu.

Comme toujours avec cet auteur, la sensibilité des personnages est essentielle et les anime de manière à les rendre accessibles et proches de nous, c’est une des autres grandes forces du roman.
Je ne vais pas vous parler du mécanisme temporel de l’histoire, de tous ces engrenages judicieusement assemblés de main de maître, mais juste vous dire qu’il est ici question du Temps avec un immense T, où l’habileté de R.C. Wilson s’en donne à cœur joie quand il nous parle de "glace de Minkowski", ou de "feedback" pour nous expliquer les choses et ses implications, mais aussi pour servir son dessein final.

— Le temps est en lui-même une espèce d’amplificateur.
Tu connais cette vieille théorie sur la possibilité pour le battement d’ailes d’un papillon en Chine de déclencher une tempête sur l’Ohio ? Cela met en jeu un phénomène appelé « dépendance sensible ». Un gros événement n’est souvent rien qu’un petit événement qu’a amplifié le temps.

Moins vertigineux que Spin, Les Chronolithes (qui a remporté le Prix John Wood Campbell Memorial en 2002) n’en est pas moins de l’excellente science-fiction, finement adroite et sensible, marquée de l’empreinte humaniste et de toute la grâce propre à l’auteur. J’en redemande !!!

Un petit clin d’œil à l’ami avec qui j’ai partagé cette lecture ;-)

Vous en voulez plus ? Allez donc lire la critique de Lutin sur Albédo !

lundi 31 août 2015

Les Quatre Eléments, tome 1 : Une Ère Nouvelle de Chris Red

Résumé : 24 juin 2016. Une Apocalypse a frappé la Terre. Le monde tel que nous le connaissons a été détruit. Cependant, l'Humanité n'a pas été anéantie dans son intégralité. Natan parcourt la planète, accompagné de son oncle Yizrah, à la recherche de son frère, Eyal, qu'il a perdu ce fameux jour. Leur quête va les emmener à découvrir un nouveau monde, à rencontrer des gens de différents horizons et à vivre des aventures plus trépidantes que leur ancienne vie ne pouvait prétendre à leur offrir.
Ils vont réaliser que cette Apocalypse représente une seconde chance pour l'Humanité.

Science-fiction  – 394 pages – Editions Christophe Demarcq (2014)


Avis : Tout d’abord un grand merci à l’auteur, Chris Red, pour ce partenariat et la confiance qu’il m’a témoigné en m’envoyant son premier roman !

Une Ère Nouvelle ; voilà un premier tome qui porte bien son nom ! L’humanité a subi de graves déboires, les hommes ont perdu la tête, la troisième guerre mondiale a explosé, faisant régner la violence un peu partout à la surface du globe. Mais surtout la terre s’est révoltée contre ces mêmes hommes qui ne la respectaient plus, entraînant ouragans, tremblements de terre, tsunamis, volcans, et autres dévastations en tous genres.
Le roman commence après cette Apocalypse qui a laissé quelques humains errants sur la planète. Il faut tout reconstruire, tout reprendre à zéro, mais avant ça, il faut réapprendre à vivre différemment en tenant compte des erreurs du passé…

Nous faisons progressivement la connaissance des humains qui ont survécus et qui se retrouvent sur une terre aride et inhospitalière dans un tout petit village nommé Jahalah qui a vu le jour grâce à une petite famille du même nom qui est venue s’installer là.
Si Natan est bien l’élément central (dans tous les sens du terme) du récit, Chris Red n’est pas avare de personnalités différentes qui vont venir progressivement agrandir le paysage.
C’est ainsi qu’il construit peu à peu toute une gamme d’individualité qui va prendre une part active à la trame d’une histoire dont les ramifications et les aboutissements sont multiples.
Si les gentils aux sentiments nobles sont bien représentés, les méchants ne sont pas oubliés pour autant, ils forment une sale équipe, et ont quelques représentants à l’ambition dévastatrice notoire.

Quand je parlais d’éléments à propos de Natan, ce n’est pas un hasard ; l’histoire se situe à un carrefour crucial de l’humanité, c’est ce que l’on comprend dès les premières pages grâce à un dialogue très court entre deux personnages mystérieux au tout début du roman !
Ainsi, on apprend un peu plus tard que d’un univers en quatre dimensions, régi par les quatre éléments fondamentaux de la nature à savoir ;  le feu, la terre, l’air, et l’eau, s’amorce une période de transition vers la cinquième dimension… Mais quelle est cette cinquième dimension ?
Je vous invite à le découvrir dans ce premier tome !

Le respect de la nature, le retour à la solidarité et l’égalité entre êtres humains, mais aussi le rejet d’un matérialisme nuisible, et le besoin de spiritualité, sont autant de messages envoyés aux lecteurs afin d’éveiller les consciences, à l’image des personnages de cette histoire qui trouvent leur lumière intérieure et les portes à déverrouiller pour atteindre l’illumination salvatrice.
Il est certain que l’auteur parvient à faire ressortir une dimension spirituelle mais aussi morale au travers de son récit que le lecteur ne peut ignorer.

La fin laisse quelques personnages sur le bas-côté tandis que d’autres prennent un chemin qui augure bien des événements pour la suite... Evénements qui ouvrent d’ailleurs une nouvelle dimension prometteuse et davantage tournée vers la science-fiction sur les dernières pages !
Encore merci à Chris Red pour cette découverte dont l’univers se trouve par ici !

dimanche 16 août 2015

Une aventure d'Alexia Tarabotti - Le Protectorat de l'ombrelle- Tome 1 - Sans âme - de Gail Carriger

Résumé : Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Steampunk  – 425 pages – Editions Le Livre de Poche (Orbit) (2012)

Avis : je n’en pouvais plus d’entendre parler de ce Protectorat sans avoir encore fait la connaissance de Mademoiselle Alexia Tarabotti, l’héroïne de cette saga… et c’est un sacré numéro, moi je vous le dis !

Quand vous aurez lu le résumé, vous aurez vite compris qu’elle s’est mise dans de beaux draps dès que le récit commence. Remarquez, pour les lecteurs que nous sommes, c’est une excellente entrée en matière, nous n’allons pas nous en plaindre, bien au contraire !

Nous faisons sa connaissance lors d’un bal dans la demeure du duc de Snodgrove, et plus précisément dans la bibliothèque, son sanctuaire favori, où Alexia s’est réfugiée pour tromper son ennui mais surtout pour prendre le thé et grignoter quelque chose au passage si possible… Mais c’était sans compter sur une rencontre imprévue ; un vampire affamé et visiblement très mal éduqué !
Alexia n’est pas du genre à se laisser intimider pour si peu, elle a plus d’un tour dans son sac, ou devrais-je dire dans son ombrelle ;-)

1) C’est une vieille fille de caractère, intelligente et courageuse et qui n'a pas froid aux yeux. 
2) Elle possède une ombrelle du tonnerre : “Elle l’avait entièrement conçue et réalisée elle-même : un objet noir à fanfreluches sur lequel étaient cousues des pensées mauves ; la structure était en cuivre et sa pointe en argent contenait de la chevrotine“
3) Mais surtout c’est une paranaturelle : “Elle devait son état, tout comme ses cheveux noirs et son nez proéminent, à son défunt père italien. Cela signifiait en fait que des mots comme je et moi étaient plus que théoriques pour elle. Il ne faisait aucun doute qu’elle avait une identité et un cœur qui ressentait des émotions et tout ça ; mais elle n’avait tout simplement pas d’âme.“
Une condition bien utile pour annihiler tous pouvoirs surnaturels ! Un simple contact de sa part et hop, vampires et loups-garous redeviennent de petits agneaux sans défense, pratique n’est-ce pas ;-)
Bref…, la voilà donc impliquée dans une sale histoire, de la tarte à la mélasse plein ses jupons, un service à thé en miettes ainsi que son précieux contenu répandu au sol, son estomac qui gargouille toujours, et accessoirement un cadavre au goût vestimentaire douteux à côté… Un sacré branle-bas quoi !

L’autre personnage réjouissant du roman ; Lord Conall Maccon, comte de Woolsey, écossais de naissance, mâle Alpha des loups-garous locaux, ministre en charge des relations avec les surnaturels du BUR (Bureau du registre des non-naturels). C’est LE séducteur de ces dames, celui vers qui toutes les têtes se tournent, séduisant et mystérieux, nimbé d’une aura de danger animal, sous le vernis de son titre de noblesse.
Entre eux deux, l’ambiance est électrique, vous imaginez bien le tableau entre un attirant Comte au charme dévastateur et une vieille fille qui n’a pas la langue dans sa poche et n’hésite pas à le traiter effrontément de… louveteau, pas moins !!! D’où des dialogues savoureux dès le premier chapitre, puisqu’ils se connaissent déjà, et ont même un contentieux à régler au sujet d'une histoire de hérisson apparemment ^^

Comme vous le laisse envisager ce préambule, l’auteure Gail Carriger nous parachute sans chichi et avec une grande aisance dans un univers cocasse vraiment soigné. Tout est arrangé pour que l’on se sente immédiatement à l’aise dans le bruissement de nos nouveaux jupons !
Pourtant, elle n’est pas allée vers la facilité, son petit monde version steampunk est structuré, parfaitement huilé même ! Les idées sont bien là, et les strates d’une société où coexistent humains et surnaturels sont crédibles et assez ingénieuses. 
Dans cette ambiance victorienne, au milieu des frous-frous, chapeaux, et convenances aristocratiques, se côtoient à merveille loups-garous, vampires, espions fantômes et autres créatures surnaturelles !
Tout ce beau petit monde déambule parmi les machines à vapeur et les dirigeables, dans une intrigue où la science et les expériences en tout genre sont forcément de la partie. Imaginez un peu des savants fous au milieu de tout ce maelström, un véritable chaudron en ébullition !!!

L’humour et les situations comiques (je pense notamment à une scène dans une cage où nos deux héros se retrouvent enfermés) ne sont pas en reste. Impossible de garder son sérieux très longtemps, et ce n’est pas tous les jours que je me suis autant amusée dans un roman.
Une part de romance ajoute du piment à cette bonne virée en terrain steampunk, parfois rocambolesque mais étudiée, élégante, et saupoudrée d’une bonne dose d’humour !

Ce fut une lecture gourmandise, qui s’est judicieusement invitée dans ma liste de romans de l’été, acidulée et piquante à la fois, elle m’a fait pétiller les papilles et m’a donné envie de remplir ma boîte à friandises avec les quatre autres tomes, d'autant que pour les jours de pluie ou un peu tristounets, ils devraient bien remplir leur rôle :)
Pour aller plus loin, une version manga existe aussi ! Et même un blog créé par Gail Carriger où elle revient sur le style vestimentaire d'Alexia ;-)

Lettre U - 11 sur 26

dimanche 2 août 2015

Magicienne de Didier Quesne

Résumé : La tradition veut que les enfants roux soient suspectés d'être liés avec le Diable. Alors, quand on s'aperçoit que la petite fille née le jour de la fête des morts est rousse, il y a de quoi déclencher la vindicte populaire. Il est vrai que Sylve n'est pas une petite fille comme les autres. Bien qu'elle ne comprenne pas ce qui la différencie des autres. C'est vrai qu'elle possède de nombreuses facultés qui feraient trembler le moindre habitant de son village. Toutefois, il s'avèrera qu'elle n'est pas un suppôt du Diable, mais une vraie magicienne ...

Fantasy  – 315 pages – Editions Nestiveqnen (2003)

Avis : ce roman de Didier Quesne est un peu tombé par hasard entre mes mains ! Au départ, il me fallait trouver un auteur commençant par la lettre Q pour mon challenge ABC de l’imaginaire, et puis de fil en aiguille cette lecture s’est également imposée pour la session fantasy du challenge de La Licorne… C’était aussi une excellente occasion de découvrir un auteur de fantasy française !

L’histoire débute dans un petit village médiéval reculé, dominé par un château en ruines, où la vie est rude à force de travail, et les rires absents ou exprimés en cachette. 
La seule fête de l’année, où plutôt réunion de village est Samheïn, la fête des morts. Il faut dire que pour perpétrer de lointaines croyances toujours bien ancrées, Samheïn était à l’origine destinée aux anciens dieux qui pouvaient encore roder près du village. Avec le temps elle est plutôt devenue un devoir, une sorte de passage obligé qui fait se rassembler les villageois  autour du puits pour conjurer le sort lié aux trépassés. 
Une année, Samheïn se déroule sous un ciel anormalement clément, pas de vent ni de pluie comme à l’accoutumé, mais au contraire un ciel clair où brillent de nombreuses étoiles autour d’une imposante pleine lune ! C’est sous ces curieux et inhabituels auspices météorologiques qu’Annie met au monde une petite-fille pas comme les autres ; Sylve.
Sylve est une "roussotte" comme on l’appelle, et à peine sortie du ventre de sa mère elle ne crie pas mais observe son entourage avec des yeux vifs et intelligents.

Le roman est bien construit, on assiste d’abord à l’enfance de cette petite fille différente qui va se voir très vite rejetée par l’ensemble des villageois, mais heureusement soutenue par une mère aimante et affectueuse ! Mais, quand la doyenne du village meurt, celle qui garantissait une certaine retenue dans le rejet dont elle et sa mère font l’objet, l’histoire commence à prendre un tournant peu réjouissant pour elles deux, et débutent alors les premières manifestations du pouvoir de cette étrange petite fille. 

Le récit se met en place peu à peu et nous laisse entrevoir la frontière entre magie noire et blanche au travers d’une histoire simple et bien tournée. Sylve devra choisir entre bien et mal, envahie de ce pouvoir qui la dépasse, rejetée et détestée des autres, avec l’amour de sa mère et l’attraction de la forêt pour seuls guides. Le récit nous emmène sur le chemin tortueux des croyances, de la peur du courroux de Dieu, où les manifestations attribuées au Malin laissent la part belle au pouvoir arbitraire de l’inquisition.
L’amour éclaire malgré tout cet univers rude et obscur, notamment grâce à de belles rencontres comme celle de Louise et son fidèle compagnon Baal !
Mais aussi par l’entrée en scène d’un Duc taciturne au cœur pur…

Didier Quesne a choisi d’utiliser du vieux français dans les dialogues entre ses personnages, et c’est justement ce langage inaccoutumé qui permet au lecteur d’entrer directement dans une ambiance moyenâgeuse, où les expressions et le vocabulaire rustiques volent presque la vedette à l’histoire en elle-même…

— Je n’aime point aller au puits, mère, disait-elle invariablement.
— Je sais, ma fillote. Tous les jours tu me le répètes. Et tous les jours je te dis que je nouls que tu restes pareille à une bête, sans envisager tes semblables. 
— Mais ils ne ragoûtent point ma présence à leurs côtés. Dès que j’apparais, il y a mésaise sur leurs minois. Je le sens. Même s’ils le tiennent fermement clôt en leur bec muselé, j’ois à demi ce qu’ils machèlent dans leur cap épais.
— Ne t’en va jamais narrer ça à quiconque, Sylve ! s’exclamait Annie quand elle entendait ces propos dans la bouche de sa fille.
— Je sais bien qu’il n’y a que toi qui le puisses entendre, mère. Même au François, je tais ce caractère.

Si je parle d’histoire dont on a volé la vedette, c’est que quelque chose a cloché pour moi de ce côté-là !
Le manque d’originalité a, sans doute, pas mal joué, car très vite je me suis attendue à la suite des événements, ne trouvant aucune surprise dans le déroulement de l’histoire. J’ai vaillamment tenté de me rattraper sur les personnages, mais sans grand succès car je me suis sentie un peu trop étrangère à leurs destins, tout en devinant ce qui allait leur arriver bien trop à l’avance. Du coup, je n’ai pas ressenti l’émotion souhaitée, et suis restée une spectatrice trop passive à mon goût.
Dernier petit regret ; le côté fantasy un peu trop « light » pour me rassasier pleinement… Les manifestations de pouvoir à coups de boules de feu où de télékinésie destructrice ne m’ont pas emportée dans leurs déferlantes vagues ! Je suis restée à côté, où plutôt derrière mes pages, bien à l’abri, sans même que l’odeur de soufre ne me chatouille les narines, un peu dommage !

Malgré ces petites déconvenues, j’ai puisé dans ce roman de bons moments de lecture et de généreux dialogues à l’empreinte adroitement médiévale ! Je le quitte avec un ressenti final en demi-teinte, très certainement dû à une attente trop grande !

Lettre Q - 10 sur 26
Lu dans le cadre de la 6ème session 
du Challenge de La Licorne