mardi 21 avril 2015

Séance de rattra’pages #1

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’avais envie de créer un petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Voilà qui est chose faite avec ce premier billet, qui reviendra à chaque fin de trimestre, et qui sera, comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de janvier, février, et mars 2015, classées par ordre de préférences !

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Le Déchronologue de Stéphane Beauverger (560 pages)

Un roman d’aventuriers des mers, de flibuste avec un grand F, un peu exigeant dans sa chronologie, mais ennobli par une superbe plume.
Contenant une touche de science-fiction admirablement maîtrisée, ce Déchronologie m’a durablement chavirée.
Embarquez-vous aux côté de ce Capitaine Villon de toute urgence, vous ne le regretterez pas ! Ma chronique.





La Compagnie des menteurs de Karen Maitland (665 pages)

Un excellent thriller historique se déroulant en 1348, moment où la peste s'abat sur l'Angleterre. Un univers sombre où planent de nombreux mystères, des personnages plus intrigants les uns que les autres, et une fin bien amenée, font de ce roman une excellente découverte !
Une chose est sûre ; je lirai d'autres romans de Karen Maitland ;)
Ma chronique.




Soie de Alessandro Baricco (142 pages)

Un petit roman de 142 pages qui m’a littéralement emmenée au pays de la soie.
Emprunt de beaucoup de poésie et de sensibilité, ce récit est comme une petite parenthèse de douceur parmi mes lectures de ce trimestre !
Je garderai longtemps en mémoire ce doux instant de lecture que je vous
conseille de vivre à votre tour !
Et je compte bien réitérer cette belle expérience avec l'auteur :)
Je n’ai pas écrit de chronique, mais voici sa
fiche Livr’addict.

Orgueil et Préjugés de Jane Austen (512 pages)

Un classique intemporel à l’écriture fluide et divertissante, au ton hardi et passionné pour l’époque. 
Une histoire romanesque et romantique, mais aussi une critique sociale sans concession des mœurs de la société anglaise des XVIIIe et XIXe siècles. La dérision à l’égard des personnages y est vraiment savoureuse…
Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce roman, voire même de le redécouvrir, si vous êtes, vous aussi, fan de l’univers de Jane Austen ;) Ma chronique.


Neige de Maxence Fermine (96 pages)

Un petit bijou qui m’a fait approcher l’univers du Haïku (court poème japonais composé de trois vers et de dix-sept syllabes) de plus près, et m’a laissé un durable et très joli souvenir :
Musique de neige
Grillon d'hiver 
Sous mes pas
A présent, je n'ai qu'une envie ; me mettre en quête d'un bon recueil de Haïkus. Lisez-le, c’est la meilleure chose à faire ! Fiche Livr’addict.

L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami (384 pages)

J'ai retrouvé avec plaisir cet auteur fétiche et son univers qui, une fois de plus, m'ont transportée !
J'y ai reconnu les thèmes de prédilection de l'auteur comme la perte, la solitude, le doute, la quête de soi… Je réalisais pendant ma lecture qu’à chaque fois que je suis immergée dans ses romans je me sens dans un petit cocon de bien-être, ce celui-ci n'a pas fait exception.
Après 8 romans et un recueil de nouvelles lus, je ne m'en lasse pas !
Je n’ai pas écrit de chronique, mais voici sa
fiche Livr’addict.


Kushiel, tome 1 : La Marque de Jacqueline Carey (959 pages)

Grâce à la mise en place de tous les rouages de l'intrigue, je me suis immergée avec grand plaisir dans cet univers où foisonnent les personnages et les complots. Intrigues politiques, destins hors du commun, personnages attachants et complexes, et même aventures épiques, tout y est pour passer un excellent moment. Le nombre de pages permet de se délecter en douceur de tous ces points positifs. Vivement la suite ! Ma chronique.




Walrus Institute : l’anthologie interdite de Collectif (120 pages)

Une anthologie qui m'a permis de découvrir une bonne poignée d'auteurs talentueux, à la plume bien pendue, et aux neurones complètement débridées.
Contenant des histoires horrifiques bien barrées, toutes plus sinistres et inédites les unes que les autres, mais non dénuées d'humour, j'ai passé un moment de lecture tout à fait plaisant et atypique !


Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, Rue Farfadet - Tome 1 - de Raphaël Albert (235 pages)

Première immersion dans l'univers steampunk de ce jeune auteur français !
J'ai été assez bluffée par la ville de Panam et me suis sentie totalement dépaysée par l'ambiance qui s'en dégage. Le duo d'enquêteurs est réussi même si, des deux, j'ai nettement préféré le pillywiggin nommé Pixel !
Ce premier tome m'a donné très envie de retourner traîner mes guêtres sur les bords de la Veine ;-) Ma chronique.


Les Extraordinaires et Fantastiques Enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, Avant le déluge - Tome 2 - de Raphaël Albert (290 pages)

Un deuxième tome plus sombre que le premier, mais à l'enquête plus intrigante aussi ! Des disparitions, des crimes, mais surtout une ombre malfaisante qui plane au dessus de Panam, ont fait que je l'ai préféré au premier... Et surtout j'ai commencé à entrevoir l'épaisseur de notre compère Sylvo qui m'avait manquée dans le précédent épisode. Une chose est sûre, la fin donne très envie de se procurer le tome 3.



Bird Box de Josh Malerman (372 pages)

Efficace et assez haletant, Bird Box fait partie de ces "page-turner" que l'on a pas envie de reposer avant la fin.
Dans la même mouvance que tous ces romans post apocalyptiques très en vogue, la recette fonctionne et m'a bien tenu en haleine.
En le refermant j’ai eu la même sensation qu’après le visionnage d’un film de genre assez réussi, et sans l’avoir trouvé transcendant, il m’a tout de même fait passer un très bon moment ! Ma chronique.

Le château d'Eppstein de Alexandre Dumas (272 pages)

J'ai retrouvé avec joie le Maître Dumas et sa magnifique plume dans ce roman surnaturel et gothique à souhait ! 
Il m'a rappelé combien les classiques sont des valeurs sûres, y compris dans le genre fantastique. 
Indémodable par son style, cette lecture fut incontestablement délicieuse.
Je n’ai pas écrit de chronique, mais voici sa fiche Livr’addict.




Un bilan globalement très réussi avec 12 romans (4607 pages) pour ce trimestre ! Pas de déceptions, ni de lectures moyennement appréciées, ce qui est vraiment chouette !
Je vous donne rendez-vous le trimestre prochain en vous souhaitant d'ici-là d'excellentes lectures :) 

mercredi 15 avril 2015

Les amants étrangers de Philip José Farmer

Résumé : Croyant avoir échappé à la tyrannie religieuse qui domine la Terre du XXXIe siècle par une affectation inespérée sur la planète Ozagen, le linguiste Hal Yarrow découvre que le pire de sa planète natale l'a suivi — Pornsen, son ange gardien personnel, à l'affût du moindre péché ou de la plus insignifiante pensée déviante. Conditionné par une vie entière de soumission, Yarrow accepte l'espionnage constant de Pornsen comme un mal nécessaire et se ponge dans l'étude du langage des Wogglebugs, la race insectoïde dominante sur Ozagen. Jusqu'à ce qu'il découvre Jeannette, une fugitive pas tout à fait humaine, cachée dans d'anciennes ruines construites par des humanoïdes depuis longtemps disparus.
Pour un croyant comme Yarrow, toute relation non consacrée avec une femme est formellement interdite, et l'amour envers une étrangère impensable. Pourtant, les amants étrangers sacrifieront tout à une passion dévorante qui abolira entre eux les frontières du temps, de l'espace — et de la différence.

Science-fiction – 192 pages – Editions Terre de Brume (2005)

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui je viens vous parler d’une déception !
J’ai la fâcheuse tendance de ne publier que sur les romans que j’ai aimés un minimum, alors pour une fois ce billet vient déroger à la règle. Non, en fait il ne s’agit pas d’une règle mais seulement du fait que mon inspiration est souvent en berne après une déconvenue.

J’ai choisi ce roman pour mon challenge ABC imaginaire, et selon divers critères ; d’excellentes critiques glanées çà et là, pour son auteur Philip José Farmer étant l’un des piliers de la SF que je souhaitais enfin découvrir, mais aussi pour la curiosité que m’inspirait ce titre ainsi que le parfum de scandale qui s’en dégageait.

Pour résumer l’histoire, je reprends une autre quatrième de couverture suffisamment explicite pour vous mettre au parfum justement :
En 3050, l'Amérique du Nord est dirigée par le Clergétat, ordre religieux ultra-puritain, susceptible de vous envoyer en enfer pour " irréalité " au moindre péché. En partant en mission sur la planète Ozagen, Hal Yarrow pense avoir laissé cette société qu'il abhorre derrière lui. Mais le conditionnement subi depuis son plus jeune âge résiste à l'éloignement et rien ne semble pouvoir le briser. A moins que la belle Jeannette, mystérieuse étrangère, ne parvienne à faire tomber les derniers tabous de Yarrow ?
Il faut savoir que cette histoire fût d’abord tirée d’une nouvelle publiée en 1952 dans une revue - après avoir d’ailleurs été refusée par plusieurs rédactions avant d’être finalement acceptée par celle de Startling Stories - et qui avait fait sensation !
A sa parution neuf ans après, le roman fit lui aussi grand bruit ! 
C’était l’un des premiers récits de science-fiction dans lequel un auteur osait aborder le thème des relations amoureuses entre un terrien et une extraterrestre.
Imaginez un peu le contexte politique de l’époque, où la ségrégation raciale aux Etats-Unis était une dure réalité, et pour lequel un récit traitant du métissage entre humains et extraterrestres ne pouvait qu’être irrespectueux, voire même écœurant pour certains….
C’était également une critique trop dérangeante du puritanisme et du racisme, mais également un appel à la tolérance, posant des questions d’ordre politique, éthique, sur le droit à la différence.
Dans ce roman, l’auteur montrait aussi les dangers d’un monde totalitaire, où la religion peut annihiler les aspirations des êtres humains, et en faire des êtres désespérés... 
Bref, il rassemblait de nombreux messages forts qui ne pouvaient passer inaperçus à cette période !
Et qui avaient absolument tout pour me plaire, sauf que…

Malgré tous ces aspects prometteurs, je n’ai pas été convaincue par l’histoire…
Déjà le côté très daté, contrairement à d’autres romans de SF, m’a gêné. Il m’est apparu comme un roman affadi et décoloré par les années, et ayant pris tout simplement un sacré coup de vieux.
J’aime pourtant dépoussiérer de vieux monuments de la SF, et je crois que jusqu’à présent je n’ai jamais été déçue. Je garde tellement de bons souvenirs de pépites telles que : Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes (1966), 1984 de George Orwell (1949), Chroniques martiennes de Ray Bradbury (1950), La Nuit des temps de René Barjavel (1968), et d’autres œuvres de grands auteurs comme Isaac Asimov, Philip K. Dick, et j’en passe...

J’ai lu que Philip José Farmer était, selon l'expression consacrée, « le premier à avoir introduit le sexe dans la SF »… En fait, je cherche encore la touche d'érotisme qui devait estampiller la nouvelle originelle des années 50… 
Rien d'attractif ne se dégage de cette histoire d’amour, point central du récit !
Elle est au contraire plate et ennuyeuse, sans parler de l’émotion que j’ai trouvée aussi inexistante que mon intérêt pour ce couple sans relief.
Même la description de la planète m'a laissée indifférente, elle est restée insaisissable et beaucoup trop abstraite pour provoquer la plus petite étincelle de curiosité souhaitée.

Dommage, je crois avoir touché du doigt la sensation que l’on éprouve à ressortir une vieillerie de sa bibliothèque en se disant avec un peu de morosité qu’elle a sans doute eu son heure de gloire mais que celle-ci semble belle et bien consommée !
Je suis consciente que ce roman a dû marquer son temps, et que j’arrive bien trop longtemps après la bataille pour l’apprécier à sa juste valeur. Même si les sujets abordés restent toujours pertinents, la forme quant à elle, semble trop défraichie à mon gout…
Voilà, vous savez maintenant que je sais exprimer mes déconvenues livresques, même si, soyons honnête, je préfère de loin faire partager mon enthousiasme ;-),

A noter la réédition Terre de Brume dont la couverture est bien plus réussie que les précédente !

mercredi 8 avril 2015

L'Ile des Morts de Roger Zelazny

Résumé : ...Quand j'ai abaissé ma main dressée, les éclairs et le tonnerre se sort déchaînés. Un vent subit s'est levé, aussi vif qu'un chat sauvage, aussi froid que les souffles de l'Arctique, et s'est engouffré autour de moi. La puissance me baignait, la température devenait de plomb. Les rideaux de pluie claquaient maintenant comme des fouets ; le jour était aussi noir que la nuit. J'ai éclaté de rire, et les eaux ont jailli en trombes qui dansaient comme des génies, et les éclairs ont continué inlassablement de jeter leur gant, mais jamais la machine rie faisait tilt " Une nouvelle secousse sismique m'a fait perdre l'équilibre... Et je me suis retrouvé en un lieu qui n'était ni solide ni liquide, ni gazeux. Il n'y régnait ni lumière ni ténèbres. Il n'y faisait ni chaud ni froid. Peut-être cette contrée gisait-elle à l'intérieur de mon esprit, peut-être ailleurs. Nous nous regardions, lui et moi. Je tenais un éclair dans mes mains vertes. Il ressemblait à un large pilier gris et son corps était recouvert d'écailles. Il avait une mâchoire de crocodile et la férocité habitait son regard.

Science-fiction – 186 pages – Editions J’ai Lu (2001)

Mon avis : ce roman est le troisième de Roger Zelazny que je découvre. Après Seigneur de lumière et Le Maître des rêves. En choisissant celui-ci je décide d’entamer le Cycle de Francis Sandow qui compte deux romans et un recueil de nouvelles.

Quand le récit commence, nous sommes au XXXIIe, Francis Sandow le héros, né sur Terre à la fin du XXe siècle, est un faiseur de monde, l'un des Vingt-Six Noms toujours vivants. 
Il s’est retiré sur une planète nommé Terre Libre, un petit paradis qu’il s’est créé rien que pour lui, afin d’y couler des jours paisibles, loin de tout danger éventuel, et fermement décidé à n’en plus bouger pour éloigner cette mort qui le terrifie…
Extrait : Mais la véritable source de mes peurs est ailleurs ; c’est tout simplement la crainte de la mort et du néant que tout homme ressent, décuplée chez moi malgré la révélation fugitive que j’ai eue d’une lumière que je ne peux définir. À l’exception peut-être de certains séquoias, je suis la seule créature à avoir vu le jour au XXe siècle et à être encore de ce monde maintenant, au XXXIIe. N’ayant pas la passivité du règne végétal, j’ai fini par découvrir que, plus longue est votre existence, plus on est obsédé par l’idée de la mortalité. En conséquence, l’instinct de survie – que je considérais jadis en termes darwiniens, comme un passe-temps des branches animales inférieures – menace de devenir une préoccupation de tous les instants.
Jusqu’au jour où il reçoit anonymement d’étranges photographies ! Toutes représentent des personnes de son passé, mais… décédées, apparemment ressuscitées et détenues dans un endroit qu’il connaît bien ; l’Ile des Morts ! 
Parmi les mondes qu’il a créés existe Illyria, et cette planète renferme son Ile des Morts, celle qu’il a façonnée de ses propres mains.
Comme son héros, Roger Zelazny s’est inspiré du tableau d'Arnold Böcklin et d’un poème symphonique de Sergueï Rachmaninov pour engendrer ce lieu :
L'Île des morts, d'Arnold Böcklin
J'ai retrouvé dans ce roman des thèmes chers et souvent récurrents de l’auteur ;
La mort évidemment, mais aussi le pouvoir sous plusieurs formes, dont celui de doter ses personnages d’un pouvoir divin. Transcender l’humain semble être une constante chez lui, où du moins le but ultime de son œuvre !
Du coup, l’aspect mythologique et très présent, mais là, pas de références mythologies terriennes comme dans Seigneur de lumière par exemple. Dans celui-ci, il conçoit une mythologie extraterrestre puisque le héros est devenu une sorte d’initié, de grand prêtre d’une religion extraterrestre, et détenteur du pouvoir d’un Dieu nommé "Shimbo, dieu de la foudre".
J’ai d’ailleurs lu que ce roman était en quelque sorte un premier pas en direction de son grand projet de création mythologique, qu’il commencera à mettre en œuvre avec le premier tome de son Cycle des Princes d'Ambre écrit un an plus tard.

Pour résumer cette lecture, ce fut un récit court, facile à lire, et dans lequel l’auteur ne se perd pas en explications où retours en arrière pour décrire ce qui s’est passé durant les siècles précédents. Il plante le décor puis nous laisse suivre le cheminement du héros, qui reste très centré sur ses états d’âme.
Mais la fin m’a parue un peu abrupte, et le dénouement de l’intrigue un peu trop artificiel.
Peut-être lirai-je Le Sérum de la déesse bleue, histoire de finir ce cycle et parce que malgré tout, j'aime l'univers de cet auteur.
En revanche, avant de découvrir son œuvre phare des Princes d'Ambre, qui ne compte pas moins de 10 tomes (et que j’aurais tendance à davantage vous conseiller si vous êtes tentés par cet auteur), j’attendrai de terminer les autres sagas que j’ai entamées !

samedi 4 avril 2015

Walrus Institute : l’anthologie interdite de Collectif



Résumé : En enquêtant sur l'incendie mystérieux qui a ravagé une vieille bâtisse, l'inspecteur Varosky découvre avec stupéfaction les évènements hors du commun qui ont pris place en ses murs. Le Walrus Institute était davantage qu'une vieille maison : c'était une pépinière d'un genre un peu spécial, puisqu'elle abritait de jeunes auteurs en mal de reconnaissance, dans le but de les former à... à quoi déjà ? À travers les témoignages de ces malheureux écrivains, le fonctionnaire de police lève petit à petit le voile sur les effroyables secrets du manoir, jusqu'à révèler les abominables et indicibles pratiques du docteur Saïemonne, le maître des lieux, et de ses sbires.


Nouvelles - Horreur – 120 pages – Editions Walrus (2013)


Mon avis : Profitant de l'offre 1livregratuit.com, c’est avec beaucoup de curiosité que j'ai arpenté les pages de ce petit recueil de nouvelles. Sachant que Walrus est une maison d’édition numérique indépendante spécialisée dans les littératures de l’imaginaire, j’avais très envie de la découvrir par la même occasion ! Elle-même présente ce recueil comme  : 
Une anthologie de textes courts aussi fantastiques qu'horrifiques, voire même délirants, issus des imaginations fertiles de Stéphane Desienne, Michael Roch, Aude Cenga, Jacques Fuentealba, Lilian Peschet, Julien Morgan, Loïc Corwyn, Sozuka Sun et Jérémy Semet, Walrus Institute : l'anthologie interdite est une occasion rêvée de découvrir le travail de nos auteurs maison.
Encore une raison supplémentaire ; faire la connaissance de ces auteurs et de leurs plumes !

J'ai trouvé l'idée de départ super originale ; un institut spécialisé pour jeunes auteurs en mal de succès, mais néanmoins très prometteurs… Un genre de centre de formation pour devenir célèbre et reconnu moyennant quelques "sacrifices" :)
C’est ainsi qu’après l’incendie de la demeure, un inspecteur va tomber sur les dossiers des pensionnaires, ou plutôt des internés, de ce lugubre établissement…
Chaque nouvelle commence donc par le nom de son auteur, son bref portrait, et le numéro de sa cellule dans l’institut Walrus.
Oui, j’ai bien dit cellule et non pas chambre, car en lisant leurs histoires, on comprend bien vite que l’on ne fausse pas compagnie aussi facilement au Docteur Saïemonne ainsi qu’à son homme de confiance Loïc Corwyn...
Alors, autant vous prévenir, ces récits sont tous bien barrés !!!
On sent immédiatement que les auteurs se sont faits plaisir à écrire des histoires horrifiques toutes plus sinistres et inédites les unes que les autres, mais non dénuées d'humour.
C'est déjanté, halluciné, parfois même un peu gore, mais parfaitement maîtrisé !
De vrais chenapans à qui on aurait donné la clé du placard à bonbons ;) Ils s’en sont donné à cœur joie, créatifs et complètement décomplexés par un thème qui, semble-t-il, les a bien inspiré. A moins qu'il ne s'agisse finalement d'expériences vécues... 
Bref, je suis ressortie de là revigorée par la certitude que ces auteurs n'avaient pas fini de nous surprendre, et qu'ils en avaient encore beaucoup sous le pied comme on dit ;-)

Je terminerais donc en disant que grâce à ce recueil j’ai découvert des auteurs talentueux, à la plume bien pendue, et aux neurones complètement débridées.
Une dernière chose ; si vous avez l’ambition chevillée au corps de devenir auteur à succès, réfléchissez-y à deux fois avant de franchir le lugubre et imposant portail du Walrus Institute. Qui sait si vous en ressortirez... ?

Il semblerait d'ailleurs que d'autres résidents en aient fait la terrifiante expérience dans : Walrus Institute 2 : Monsters !