mercredi 21 septembre 2016

Challenge Automne Pharaonique 2016



Et oui, malheureusement l'été est bel est bien terminé :( 
Mais le nouveau challenge organisé par ma petite Fée Stelphique, et sa complice Daniella, est là pour nous faire oublier ce passage à l'automne de bien agréable manière ! Allez donc visiter le topic sur LA ;-)

Grâce à ce rendez-vous, nous allons revivre ensemble, et le temps d’un trimestre, l’Histoire de l’Égypte ancienne et les grands « Dieux » qui ont marqué toute une civilisation. Nous avons bien l'intention de ranimer la flamme de ses conquérants aux ambitions démesurées à l'aide de découvertes livresques absolument PHARAONIQUES.

Effectif du 21 septembre au 21 décembre 2016, cinq paliers sont proposés ;

1.Scribes des sables : 1 à 5 livres
2.Prêtre du Nil : 6 à 10 livres
3.Vizir de Gizeh : 11 à 15 livres
4.Gouverneur du Sphynx : 16 à 20 livres
5.Pharaons de la Vallée des Rois: +20 livres

Je choisi le premier niveau Scribes des sables.
    
    

Ne me demandez pas dans quelle pyramide je me suis enfoncée afin de ressusciter ces trésors égyptiens endormis, c'est un secret que nul ne doit dévoiler sous peine de voir s'abattre la malédiction....
Mais en revanche, je vous promets d'en déchiffrer quelques-uns et de vous en révéler l'essence du mieux possible ;-)
Alors à bientôt, sous le soleil égyptien !!!
*cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres 

lundi 12 septembre 2016

Chroniques d'un rêve enclavé d’Ayerdhal

Synopsis : "On ne bâtit rien sur le désespoir, fors la haine, mais avec la colère et l'usure des souffrances qui se répètent, avec la faim et la peur du lendemain, avec nos seuls coudes serrés pour nous tenir chaud, et nos larmes en écho, et nos rires enfuis, un jour, avec juste ça, entre hommes et femmes, nous n'aurons plus besoin que d'un rêve pour nous éveiller."
Dans cette cité médiévale où règnent recruteurs, faiseurs de dîme et de gabelle, les poètes meurent, les rêveurs aussi. Les rêves, eux, ne demandent qu'à voyager. Parleur, vagabond visionnaire, parviendra-t-il à leur faire franchir les murs de la Colline ?

Fantasy – 448 pages – Editions Livre de Poche (2016)

Avis : Ah, si je me laissais aller, ce billet débuterait par une série d’éloges !
Tout d’abord, avec un tel titre, impossible de ne pas céder à son appel ; il promettait tellement… Une ébauche de rêve à lui tout seul *_* Et je peux vous dire que le réveil m’a trouvée toute chamboulée, bouleversée même ^_^
Je ne connaissais pas l’écriture d’Ayerdhal, voilà encore une lacune que je regrette d’avoir si tardivement corrigée ! Et surtout, pourquoi faut-il qu’un tel auteur nous ait quittés le 27 octobre 2015 ? En lisant sa biographie, je me dis que nous avons perdu un grand Monsieur ce jour-là, et cela me rend triste… 
Coup de cœur pour ce roman qui se déroule dans la cité de Macil, cent jours après l’assassinat du poète Karel, dont les murs résonnent encore de ses poèmes à l’intensité saisissante, lorsqu'un matin, un étranger arrive ; Parleur, un havresac au bout du bras, et un chat sur l’épaule :

Et parce que c’est si calme et parce que c’est si beau, il n’y a rien que je ne regretterai plus que de mourir ici.
Oh ! Tendre Mère ! Il citait Karel. Lui, l’inconnu, le grimpeur, celui qui arrivait par le Causse, il marchait jusqu’à mon arbre et il citait Karel !
— On ne devrait jamais mourir quand il existe quelque chose de beau. La mort enlaidit tout.
Son regard était planté dans le mien et j’y lisais une douleur aussi forte que celle qui me brûlait la gorge.
— Ne dites jamais que je suis mort ici. Emportez mon cadavre dans une combe sans lumière et désignez-la comme ma fin.

D’emblée, j’ai été conquise par les moments de grâce où la plume du poète Karel se faisait l’intermédiaire de l’auteur, et derrière ses mots, je ressentais toute l’inspiration et la justesse d’Ayerdhal. De même, à travers les paroles de Parleur, toute sa pertinence, son humanisme, et son désir d’abolir les inégalités !

Au cours d’une terrible disette, des hommes et des femmes, Les Collinards comme on les appelle, puisqu’ils vivent sur les hauteurs d’une cité, se retrouvent accablés par la faim et la misère. Mortifiés par un Prince cruel, exploités et réprimés par les nobles, le Dogme, la Citadelle, et la Ghilde, ils n’ont d’autre choix que de mourir… ou d’échafauder un rêve enclavé.

On ne bâtit rien sur le désespoir, fors la haine, mais avec la colère et l’usure des souffrances qui se répètent, avec la faim et la peur du lendemain, avec nos seuls coudes serrés pour nous tenir chaud, et nos larmes en écho, et nos rires enfuis, un jour, avec juste ça, entre hommes et femmes, nous n’aurons plus besoin que d’un rêve pour nous éveiller.

Cette histoire est une utopie, de la trempe de celle qui nous nous font toucher du doigt combien la fraternité pourrait changer le monde, pourrait même nous sauver nous-mêmes.
Un rêve qui prend peu à peu réalité en haut d’une colline, et qui veillées après veillées, défie les injustices et le pouvoir des puissants.

C’est aussi un récit qui vous prend aux tripes et vous fait aimer ses personnages au point de souhaiter ardemment qu’ils survivent. On se surprend à ne plus vouloir les quitter, à trembler pour eux, à vouloir protester à leurs côtés en s’exposant sans broncher aux bâtons de la Garde, ou en entonnant la Gigue de la Gabelle, cette chanson de protestation contre une taxe de plus, les condamnant à d’arbitraires et cruelles restrictions au profit de ceux qui les rançonnent sans cesse davantage.

          « Allez trime et sue et paie la gabelle 
Pour ton prince ton roi et ta citadelle
Tu es laid tu pues et tu pisses le sel 
Mais ton prince ton roi chient dans la flanelle »

Pour le lecteur, la colère gronde et monte à l'unisson devant tant de persécutions, et quand celle-ci appelle à la vengeance, les paroles de Parleur nous donnent de sacrées leçons :

— Combattre ne se fait pas forcément par les armes, Qatam, et la mort n’est jamais une victoire.
— Après saint Qatam, voici saint Karel, railla le trappeur.
Je l’aurais volontiers giflé, mais la gifle n’aurait pas atteint sa destination et il m’aurait remerciée de lui donner raison. Parleur usa d’un autre argument :
— Ce n’était pas de Karel. Même lorsqu’il maniait les évidences, Karel était beaucoup plus élégant que moi, beaucoup plus retors aussi. Par exemple, dans une situation comme la nôtre, il aurait écrit : La violence est la seule légitimité de ceux qui bafouent la justice. Le juste,lui, n’a besoin d’aucune excuse pour faire valoir le droit…

Ce roman est une ode à la liberté, un hymne à la solidarité, un cantique à la gloire des affranchis, une symphonie de la fraternité, et évidemment un chœur de mille voix qui résonnera longtemps dans mon esprit après l’avoir perçu…

— Je crois que si nous nous mêlions tous de ce qui ne nous regarde pas, dit Parleur, le monde entier finirait par nous concerner.

Je n’ai malheureusement pas le talent d’orateur de Parleur, vénérable personnage central de cette histoire, même si son humilité réfuterait certainement ce titre, mais je me sentirais bien inutile et ce blog vraiment dérisoire, si je n’essayais pas de vous convaincre de lire cette histoire ^^

Je termine en beauté la 2ème édition de mon challenge de la Licorne avec ce roman magnifique, qui a remporté le Prix Ozone ! J’ai envie de dire « seulement ? » tellement je le place tout en haut, parmi les grands !