samedi 29 octobre 2016

Le duc de Fer de Meljean Brook

Synopsis : Angleterre, 1901. Les invasions de la Horde ont ruiné le pays. Nombreux sont ceux qui ont fui devant ce peuple barbare. D’autres restent et se battent. Comme Rhys Trahaearn, surnommé le duc de Fer, devenu un héros depuis qu’il a vaincu les forces ennemies. Alors que le pays se relève lentement, les ténèbres demeurent. Au côté de la sublime détective Mina Wentworth, le hors-la-loi enquête sur un meurtre des plus obscurs.

Steampunk – Romance – 410 pages – Editions J'ai Lu (Pour elle-Crépuscule) (2012)

Avis : Loin d’être une "Vaporiste" pure et dure, je suis toujours partante pour un roman steampunk ! C’est pourquoi j’ai foncé tête baissée sur cette lecture commune lorsqu’un ami me l’a proposée.
La Collection (Pour elle – Crépuscule) de ce titre avait fait clignoter le signal "Attention, romance à l’horizon !!!" visible de très loin. Mais qu’à cela ne tienne, il me fallait découvrir de quel métal était véritablement fondu ce duc de Fer !

Le steampunk, c’est un peu la promesse des trois FFF = Folies Folles Furieuses. On peut même dire que c’est un genre littéraire où toutes les excentricités peuvent se mélanger, pour nous offrir un maelstrom d’idées et d’objets extravagants, une sorte de fourre-tout rétrofuturiste dans lequel on adore se perdre le temps d’une lecture.
Et ce roman colle tout à fait à ces préceptes puisqu’il nous catapulte dans une Angleterre fourmillante d’imagination, voyez plutôt :
- Deux cents ans après qu’une grande partie de l'Europe ait fui les machines de guerre de la Horde, et que quelques Anglais aient également choisi l'exil, dont la plupart pour le Nouveau Monde…
- Deux cents ans après que la Horde ait caché des nanoagents, sorte de virus endormis, dans des denrées alimentaires comme le sucre et le thé, et qu’elle ait activé les nanoagents pour contaminer et contrôler ces Anglais devenus des « bogués ».
Certains expats finissaient par craquer, et se faisaient faire une injection de sang contaminé. Mais, même une fois porteurs des virus, ils n'arrivaient pas à ressembler aux bogués nés en Angleterre. Ils continuaient à penser comme des expats, à parler comme des expats. Les nanoagents n'y changeaient rien.
- Neuf ans après la victoire sur la Horde, et la destruction de la Tour qui maintenant n’est plus qu'une bâtisse en ruine.
- Neuf ans après que Le duc de Fer, Rhys Trahaearn, ancien capitaine pirate, eut anéanti la Tour de la Horde, et fût devenu le héros le plus cher au cœur de tous les Anglais.
Les explosifs du duc de Fer avaient fait leur œuvre, et ce qui restait de la Tour penchait misérablement vers la Tamise, crachant de temps à autre un moellon sur la rive nord du fleuve. Les expats proposaient régulièrement de la raser et de bâtir à son emplacement un monument à la Victoire. Mais pour Mina, voir ces ruines était en soi une victoire sur la peur et sur la Horde, et elle préférait cela à un monument.
- Un présent où l'Europe est infestée de zombies. Où les bogués sont méprisés, et celles et ceux portant les traits caractéristiques de la Horde détestés. 
-Un présent où les aéronefs sont des dirigeables aussi divers que variés, peuplé de petits automates, de mécanismes et prothèses en tous genres, où un célèbre Forgeron fait office de magicien. 
Les forgerons étaient nombreux, et la plupart fabriquaient ou vendaient des machines de toutes sortes : voitures à vapeur, locomotives, mécanismes divers, prothèses... Mais un seul était capable de fabriquer de la chair artificielle. Le Forgeron.
Vous l’avez compris, voilà bien un univers délicieusement "steampunkien" relevé d’une pointe d’uchronisme assez sympathique ! 

C’est bien joli tout ça, mais les personnages me direz-vous ? J’y viens, j’y viens…
- Alors évidemment il y a le duc ! C’est le mâle dans toute sa splendeur, ancien pirate des mers, beau et ténébreux avec ses six (pourquoi six ? Vous le découvrirez en temps voulu mesdames !) anneaux d’or aux oreilles, et une certaine propension à l’obsession ! Laquelle ? Là aussi je vous laisse deviner, quoique, si je vous dis que la présence d’une certaine Mina n’y est pas étrangère, je pense que vous aurez compris !
- Mina donc ! L’inspectrice au caractère bien trempé, belle, forte et maîtresse de ses émotions, et qui n’a pas froid aux yeux ! Des yeux bridés justement, signe caractéristique de la Horde, qui lui valent mépris et haine au quotidien !

Un crime ayant été commis dans la demeure du duc, l’inspectrice est envoyée sur place pour enquêter. Dès les premiers instants, l’électricité entre les deux est palpable, et voilà que le simple fait de retirer un gant à la Demoiselle va presque devenir un véritable préliminaire ! Le duc va instantanément se mettre en mode prédateur, pour juste après passer en mode « Tu seras à moi ! ». Lourd à souhait, il n'aura de cesse de provoquer cette prédiction !

Verdict : Trop de pages passées dans l’intimité de ces deux-là, au détriment des rouages de l’histoire. Cet univers "Post-Horde" était vraiment génial, mais a souffert (à mon goût) de trop peu de temps et de décryptage au regard des passages romantico-érotiques qui, pour le coup, étaient parfois un peu redondants !
Je sais que le steampunk n’est pas voué au décorticage, c’est pourquoi je pense qu’il faut le prendre comme il est, et l’apprécier tel quel, sans vouloir forcément tout analyser ! C’est un peu comme du "clé en main", livré sans manuel d’utilisation, et cela fait partie de son charme ! C’est pourquoi je serais très indulgente avec ce titre, car il remplit bien son rôle de divertissement, et suis certaine qu’il plaira à bon nombre d’adeptes du genre ! La gente féminine, et partisane d’une littérature plus dévergondée y trouvera également son compte ;–) 
  

dimanche 23 octobre 2016

La momie d'Anne Rice



Synopsis : Le pharaon Ramsès ressuscité dans l'Angleterre de 1914, voilà la folle histoire que nous propose Anne Rice ! L'absorption d'un élixir l'ayant rendu immortel, Ramsès - rebaptisé Docteur Ramsey pour plus de discrétion - découvre le monde moderne. Mais le souvenir de la belle Cléopâtre le hante. Revenue à la vie à son tour, celle-ci va se révéler bien plus dangereuse que ne le dit la légende...


Fantastique – 443 pages – Editions Plon (2014)


Avis : Ouvrir un roman d'Anne Rice est toujours un plaisir anticipé pour moi ! J'ai adoré sa Saga des sorcières, ainsi que les 2 premiers tomes de ses Chroniques des vampires, les 9 restants étant bien au chaud dans ma PAL (eh oui, quand on aime on ne compte pas ^^).

A l'occasion du Challenge Automne Pharaonique 2016, ce one-shot de l'auteure s'est rapidement imposé, tant j'était curieuse et intriguée à l'idée de découvrir quelles facettes du célèbre Ramsès Madame Rice allait me présenter. Et puis je l'avoue, la piste C. Jacq ne me faisait pas vraiment fantasmer... Bon, voilà, c'est dit :D

Ce roman n'a pas le pouvoir envoûtant des titres que j'ai cités plus haut, il faut bien le reconnaître ! Mais malgré que l'on ne puisse comparer Ramsès au Prince Lestat, j'y ai retrouvé la "patte" Rice à de nombreuses reprises.
En effet, le thème de l'immortalité (cher à l'auteure) est encore au centre de cette histoire. Mais ici, ne vous imaginez pas un Ramsès pourvu de canines, ce serait un peu trop cliché pour du Rice vous ne croyez pas ?  C'est un Ramsès devenu immortel grâce à un élixir, qui se voit traverser les siècles sans prendre une seule ride !
Bon, je vous l'accorde, l'idée n'est pas follement originale, mais sous la plume d'Anne Rice la banalité n'a pas sa place ! Elle n'a pas son pareil pour vous plonger dans une ambiance toute particulière, où l'angoisse monte sans que l'action y soit forcément pour quelque chose.

Ainsi, quand un mystérieux tombeau est découvert en ce début de XXe siècle au sud du Caire par un égyptologue anglais, doté d'une porte recouverte de hiéroglyphes assez dissuasifs...  :
« Détrousseurs des morts, éloignez-vous de cette tombe si vous ne voulez pas en réveiller l’occupant, car sa colère ne pourra être contenue. Ramsès le Damné est mon nom. Jadis Ramsès le Grand de la Haute et de la Basse-Égypte ; vainqueur des Hittites, bâtisseur des temples ; bien-aimé du peuple ; et gardien immortel des rois et reines d’Égypte à travers les siècles. En cette année de la mort de la grande reine Cléopâtre, alors que l’Égypte devient province romaine, je m’abandonne aux ténèbres éternelles ; prenez garde, vous qui permettrez aux rayons du soleil de franchir cette porte…»
on s'imagine déjà voir une terrible malédiction s'abattre sur les imprudents (je ne sais pas vous, mais moi j'aurais déjà pris les jambes à mon cou, juste après avoir enseveli cette porte sous une dalle de béton armé ^_^  Mais voilà, il faut bien que d'autres prennent des risques insensés pour faire avancer l'histoire !).
Et justement, l'histoire avec un grand H pourrait bien en prendre un sacré coup après une telle découverte ! Un Ramsès endormi depuis des siècles, mais ayant refait surface à un moment clé de l'histoire de l’Égypte, pour se rendormir de nouveau ; voilà bien de quoi faire halluciner bon nombre de spécialistes !

La première partie de l'histoire est incontestablement celle que j'ai préférée ! Le mystère planant autour de la momie, son retour en Angleterre, et la fascination teintée de terreur qu'elle inspire exposée dans le salon londonien de l'égyptologue retrouvé mort dans le tombeau juste après sa découverte. Tout est la pour faire monter la tension ; des yeux qui semblent vous fixer, un soupir ou le bruissement d'un tissu..., est-ce une bandelette de la momie qui a glissé ?
Julie, héritière de ce trésor, elle aussi passionnée par l’Égypte, va tenter de savoir qui peut bien se cacher derrière cet être étrange. Pourquoi se sent-elle irrésistiblement attirée par cette relique ? Son père serait-il mort à cause d'une malédiction ? Le journal qu'il tenait jusqu'à son dernier soupir recèle peut-être la clé de l'énigme. Est-ce véritablement Ramsès le Maudit qui repose dans son salon en attendant d'être confié au musée ? Mais quel rapport avec ce buste de Cléopâtre trouvé juste à côté, les époques étant bien trop éloignées ? 

Vous l'avez compris, Ramsès est le phare de cette histoire. Il éclaire tout autour de lui par sa puissance et son charisme. Un être exceptionnel, avide de savoir, et qui ne peut s'empêcher de faire chavirer un cœur au passage, celui de la fille de l"égyptologue pour laquelle il est sorti de son sommeil. Le côté sentimental de l'individu prend d'ailleurs souvent le pas sur l'histoire et sur ses décisions, le rendant un brin irresponsable, mais d'autant plus humain  ^_^

La deuxième partie de l'histoire m'a moins emballée. À compter du moment où une course poursuite s'engage dans les rues du Caire pour tenter de neutraliser une créature réveillée par Ramsès d'entre les morts et devenue incontrôlable, j'ai senti quelques petits regrets pointer.
Voir déambuler des êtres aussi charismatiques au XXe siècle n'est pas très passionnant au regard du potentiel qu'ils auraient représenté évoluant dans leur Égypte ancienne. Les quelques petits flashbacks ou allusions que s'autorise le héros sont bien trop légers et ne font que renforcer cette attente. Si certains chapitres avaient été consacrés à la quête de l’élixir, à la "transformation", et aux tourments une fois devenu immortel, je suis sûre qu'Anne Rice aurait encore une fois excellé dans un registre qu'elle maîtrise à merveille. Les affres de l'immortalité sont ici relégués au second plan comparé à celles d'un antique amour devenu obsédant et prenant un peu trop de place dans l'histoire.

Le pari d'utiliser un personnage emblématique pour lui faire traverser les siècles, et d'en faire une momie légendaire revenue à la vie est remarquablement tenu, et fait de ce roman un roman fantastique qui se lit bien (comment pourrait-il en être autrement avec une telle plume !), mais qui n'est pas de ceux qui me laisseront un souvenir impérissable. L'auteure m'ayant habituée à bien meilleur, je n'en suis devenue que plus exigeante !
                                                     


samedi 8 octobre 2016

Le challenge de la Licorne 3ème édition


Vous connaissez l'expression "Jamais deux sans trois !", naturellement ;-)
Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je me réinscris pour cette 3ème édition du Challenge de la Licorne, toujours placé sera sous le signe de la Fantasy (dark, heroic, light …) et du Thriller/Policier.
*(pour rappel ; récapitulatif de ma 1ère session, et de ma deuxième).

Quelques petits changements ont fait leur apparition, pour notre plus grand plaisir !
Désormais, plus de cession de 2 mois. Nos lectures peuvent se faire durant toute l'année, dans l’ordre, et au rythme que nous souhaitons.

Le challenge commence le 1er septembre 2016 et se terminera fin août 2017.

Toujours 3 niveaux (au choix) :

Niveau 1 - Elfes psychopathes6 livres (3 fantasy - 3 Thrillers)
Niveau 2 - Dragons sanguinaires = 12 livres  (6 fantasy - 6 Thrillers)
Niveau 3 - Trolls tueurs fous = 24 livres (12 fantasy - 12 Thrillers)

Je m'inscris une fois encore en tant qu'Elfe psychopathe, il faut bien que j'honore ma réputation désormais grandissante :)

Un système de points, ainsi que quelques défis de lecture mettant à l'honneur les auteures françaises sont également venus corser l'affaire !

Chaque livre lu rapporte 3 points 
• s'il fait + de 400 pages, s'ajoute : 1 point,
• si l'auteure est une femme, s'ajoute : 1 point,
• si l'auteure est française, s'ajoute : 1 point.

Je vous invite à aller sur le topic LA et/ou sur l'excellent blog de La Licorne pour suivre nos aventures :) Quant à moi, ce billet servira de suivi à ce savoureux challenge !!! À bientôt :)

Mes lectures :

Un crocodile sur un banc de sable d'Elizabeth Peters = 4 points (Lu : 3 pts, Auteure féminin : 1 pt)
La Voie des Oracles, tome 1 : Thya d'Estelle Faye = 5 points (Lu : 3 pts, Auteure féminin française: 2 pts)
La Voie des Oracles, tome 2 : Enoch d'Estelle Faye = 5 points (Lu : 3 pts, Auteure féminin française: 2 pts)
La Voie des Oracles, tome 3 : Aylus d'Estelle Faye = 5 points (Lu : 3 pts, Auteure féminin française: 2 pts)
Sépulcre de Kate Mosse = 5 points (Lu : 3 pts, + de 400 pages : 1 pt, Auteure féminin : 1 pt)

TOTAL = 24 points