dimanche 13 août 2017

Séance de rattra’pages #10

N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois d'avril, mai et juin 2017, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke (1144 pages) : Merveilleux coup de 💗 pour ce roman extraordinaire ! Éblouie par l'univers, les personnages, le récit, le style... je n'aurais qu'une ribambelle de louanges à dérouler pour en parler *_* Quelques lignes seraient assurément beaucoup trop restrictives pour faire étinceler sa magie à vos yeux, alors le mieux est encore de vous diriger sans tarder vers ma chronique, qui je l'espère, aura le pouvoir (magique) de vous convaincre ;-)
  • L'Aube de la Nuit, T3 : L'Alchimiste du neutroniumLe Dieu nu, partie 1 : Résistance de Peter F. Hamilton (928 pages) : Avant dernier épisode de la saga, dans lequel LE grand final se prépare. Du coup, je le place un cran en dessous des autres tomes en raison d'une petite baisse de régime. Mais je n'en suis pas moins folle d'impatience d'assister à l’apothéose, surtout si elle est aussi spectaculaire que ce à quoi l'auteur nous a habitué. En deux mots... non, trois : ça va déchirer !!!!!!!!!
  • L'étrange bibliothèque de Haruki Murakami (73 pages) : Retrouvailles réussies avec l'un de mes auteurs chouchous ! Un condensé de Murakami en 73 pages, comme je l'aime, mais avec une intense et insatiable saveur de "reviens-y" à la fin, ne faisant que renforcer ma désormais célèbre devise : Murakami un jour, Murakami toujours !!!  :)

  • La Fille du roi des elfes de Lord Dunsany (304 pages) : Une plongée à la source de la Fantasy, et la découverte d'un texte fondateur, qui, malgré son côté un peu vieillot, n'a rien perdu de son onirisme ! Vous ne le connaissiez pas ? Vous aimez la Fantasy et les légendes féeriques ? Un style démodé, et l'ambiance surannée des anciens contes de fée ne vous rebutent pas ? Eh bien il est grand temps d'en apprendre davantage en allant lire ma chronique.
  • Féelure de Silène Edgar (88 pages) : Encore un titre découvert grâce à ma petite Fée Stelphique ! Une courte lecture sympathique et virevoltante, parsemée de bulles de féerie pétillantes à souhait, et truffée de fées, comme l'atteste ma chronique. Détente et bonne humeur garanties !!!
  • Sépulcre de Kate Mosse (819) : Une histoire où se croisent deux époques, deux héroïnes, et dont je suis ressortie avec un sentiment mitigé ! Charmée d'un côté, un peu moins de l'autre ^^ Mais le romanesque et le gothique ont été si captivants dans certains chapitres que je ne regrette en rien cette lecture ^_^ Un thriller ésotérique qui n'a rien d'exceptionnel, mais qui se lit bien ! Ma chronique.

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Je sais ce que vous pensez : " Seulement 6 romans, et 3356 pages lus en un trimestre, voilà qui ne pèse pas bien lourd !"... Et vous n'avez pas tort ^_^
Appelons ça un petit (gros ?) coup de mou !

J'ai un retard phénoménal dans mes chroniques, mon blog est en friches... bref, la procrastination me gagne, et je ne me montre guère combative ^^
Mettons cela sur le compte de la période estivale ! Un vent de farniente s'est arrêté par chez moi et ne semble pas décidé à s'exiler pour l'instant ! Laissons-lui encore quelques jours avant de tenter de lui botter les fesses... Qui sait, il se lassera peut-être de lui-même et finira bien par aller souffler ailleurs. Le bougre trouve toujours un endroit où s'installer 😉

D'ici-là, je vais préparer le terrain de la dure et éprouvante reprise, en allant m'installer au soleil avec un bon livre accompagné d'un verre de thé glacé !!! J'en transpire déjà à l'avance :D
Je vous conseille de faire de même, l'été se terminera bien trop tôt, profitez-en jusqu'au bout !!!
😘

samedi 24 juin 2017

Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke

Synopsis : Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. [...]

Fantasy - 1144 pages - Editions Le Livre de Poche (2008)

Avis : Il me fallut l'impulsion donnée par le Challenge Printemps Elfique 2017, pour enfin m'attaquer à ce gros pavé aux allures un peu austères, avec sa couverture noire et les quelques avis partagés, glanés ça et là.

Précisons d'abord que c'est le premier roman de Susanna Clarke, et qu'elle mit près de 10 ans à l'écrire... Mais lorsque vous connaîtrez le pedigree de l'animal, vous comprendrez pourquoi ^_^ 
Voyez un peu :
En 2005, Prix Locus du meilleur premier romanPrix Hugo du meilleur romanPrix World Fantasy du meilleur roman, roman de l’année par le Time Magazine, Prix des Lecteurs du Livre de Poche, il a même été proposé pour le Man Booker Prize de 2004.

Et ce n'est certainement pas moi qui vous dirais que ce palmarès n'est pas amplement mérité, tant j'ai adoré cette histoire, et la plume qui nous la raconte !

L'histoire commence dans l'Angleterre de 1806, gouvernée par un roi fou, George III. 
Dans la ville d’York, une société de "gentlemen magiciens" se retrouvent chaque 3ème mercredi du mois afin de palabrer et se quereller sur l’histoire de la magie anglaise, alors qu'aucun d'eux n’a jamais jeté le moindre sort. L'arrivée d'un nouveau membre bouleverse la réunion, et l'avenir de l'Angleterre par la même occasion, avec sa judicieuse question :
« Pourquoi n’y a-t-il plus de magie en Angleterre ? »
Question centrale du roman, mais que ces messieurs n’apprécient guère, tant ils sont incapables d’y répondre.

— Elle présuppose que les magiciens ont plus ou moins le devoir d’appliquer la magie, ce qui est évidemment absurde. Vous ne voulez pas insinuer, je présume, que les botanistes ont pour tâche de concevoir de nouvelles fleurs ? Ou que les astronomes devraient peiner afin de réarranger les étoiles ? Les magiciens, monsieur Segundus, étudient la magie qui a été réalisée par le passé. Pourquoi devrait-on en attendre davantage ?

Un dénommé Norell va pourtant leur démontrer le contraire ! Magicien solitaire, taciturne, et peu courtois, il passe jour et nuit à étudier les textes magiques les plus rares dans son immense bibliothèque jalousement gardée de l'abbaye de Hurtfew, 

Il ne parlait presque jamais magie et, quand il s’y risquait, c’était comme une leçon d’histoire et personne ne pouvait supporter de l’écouter.

C'est lors d'une démonstration à distance fort concluante, qu'il prouve que la magie anglaise n'a pas disparu, et fort de ce succès, il accepte de quitter sa bibliothèque pour rejoindre Londres afin de mettre ses talents au service de la couronne, plongée en pleine tourmente de guerre napoléonienne.
Mais un autre magicien va alors sortir de l'ombre lui aussi, un certain Jonathan Strange !

Strange ne connaît aucun texte de magie, et son don s'est exprimé grâce au hasard d'une rencontre et de quelques sorts spectaculairement réussis. Il manque cruellement d'expérience et de savoir magique, c'est pourquoi lorsque Norell accepte, non sans réticences, de le prendre comme élève, son talent va vite se démultiplier. D'un naturel bien plus agréable que Norell, il va bientôt faire concurrence à son maître et séduire les hautes sphères de l'état.

Maintenant que les présentations de nos deux compères magiciens sont faites, je vais tenter de vous expliquer pourquoi j'ai tant aimé ce roman.

C'est le style qui m'a séduite en premier. Distingué sans être pompeux, il m'a immédiatement donné l'impression d'entrer dans l'un de ces grands classiques de la littérature anglaise du XIXème que j'affectionne tant. Il n'est pas étonnant que certains critiques aient fait le rapprochement avec du Jane Austen, auteure préférée de Susanna Clarke d'ailleurs.

L'Angleterre y est glorifiée dans tout ce qu'elle détient de légendes ancestrales, nous imprégnant totalement de la croyance que le berceau de la magie est bien originaire de ses terres.
Pour le prouver, l'auteure créé le personnage fictif de John Uskglass, dit Le Roi Corbeau, disparu depuis des siècles, il fût le souverain grâce auquel la magie se déversât sur le monde entier, créant des routes entres les mondes féeriques et celui des humains.
Les annotations relatives à la légende de ce Roi Corbeau sont prodigieusement considérables ! Répertoriées en fin d'ouvrage, elles donnent une envergure impressionnante de précision à cet héritage mystique créé de toutes pièces par S. Clarke. Chapeau bas !!!

La relation entre les deux magiciens est une source d'intérêt grandissant à mesure que l'un influence l'autre, et vice-versa. Jusqu'à la fin, on se demande comment elle va évoluer. Les jalousies vont-elles assombrir l'aube de leur amitié  ? Mesquinerie, rivalité, et même perfidie, sèment la discorde et nous absorbent dans des conjectures étonnantes !

La féerie est ici représentée par un garçon-fée particulièrement cruel ! "Le gentleman aux cheveux comme du duvet de chardon" est un personnage vraiment très réussi, qui s'est introduit dans le monde des humains à cause de Norell, et qui va tout au long du roman instiller une atmosphère malfaisante.
Maître du manoir des Illusions-perdues, les victimes de ses enchantements sombrent dans l'aliénation sans parvenir à se faire aider.
La frontière entre raison et folie est un thème important du récit. Strange lui-même se prête à des expériences afin de découvrir si la lisière entre les deux ne mérite pas d'être franchie afin d'accroître ses pouvoirs magiques, donnant lieu à des pages absolument captivantes !

Je vais m'arrêter là, mais vous imaginez bien qu'avec ses 1144 pages (en format poche), je pourrais encore continuer longtemps ;-)
C'est un roman qui se déguste posément. Ne venez pas y chercher des scènes d'action retentissantes sous peine d'être déçu(e)s ^^ Ici nous sommes dans la lenteur maîtrisée, dans le souci du détail, le temps nécessaire à une immersion british travaillée et appuyée.
Les personnages sont nombreux mais jamais on ne s'y perd tant le savoir-faire est éprouvé, à l'image d'un ballet, les chorégraphies sont si subtilement exécutées que tout paraît fluide et étourdissant à la fois.

Qualifié de chef-d'œuvre par certains critiques, je ne peux que me ranger de leur côté tant mon appréciation sera définitivement scellée par l'éblouissement que me laisse cette lecture !

En 2015, la BBC produit Jonathan Strange & Mr Norrell en mini-série de 7 épisodes. Je vais laisser s'écouler un peu de temps avant de la regarder, histoire de faire perdurer la magie du roman 💖

Ne manquez pas l'avis d'Acr0 !!!

vendredi 9 juin 2017

Sépulcre de Kate Mosse

Synopsis : Octobre 1891 : la jeune Léonie Vernier et son frère Anatole quittent Paris pour le Domaine de la Cade, à quelques kilomètres de Carcassonne. Dans les bois qui entourent la maison isolée, Léonie tombe par hasard sur les vestiges d'un sépulcre wisigoth. Au fil de ses recherches, elle découvre l'existence d'un jeu de tarots dont on prétend qu'il détient les pouvoirs de vie et de mort. Octobre 2007 : Meredith Martin arpente les contreforts pyrénéens dans le but d'écrire une biographie de Claude Debussy. Mais elle mène aussi une enquête sur ses propres origines. Armée d'une partition pour piano et d'une vieille photographie, la voilà plongée malgré elle au coeur d'une tragédie remontant à plus d'un siècle, où le destin d'une jeune fille, disparue par une nuit funeste, se mêle inextricablement à une dramatique histoire d'amour.

Thriller historico-ésotérique - 819 pages - Le Livre de Poche (2009)

Avis : C'est à l'occasion du retour sur la blogosphère de l'adorable Misspendergast que nous avons décidé de fêter nos retrouvailles pour une lecture commune autour de ce roman :)

Kate Mosse est une auteure anglaise qui partage sa vie entre le Sussex, et la ville de Carcassonne. D'ailleurs, l'intrigue de son célèbre roman Labyrinthe, ayant remporté un British Book Award, se déroulait dans la cité de Carcassonne.
Cette région française semble exercer sur elle une étrange fascination, puisqu'une fois encore, dans Sépulcre, Kate Mosse nous emmène dans ce beau département de l'Aude, pour y mettre en scène un thriller historique teinté d'ésotérisme, et déployé autour de deux époques, mais aussi de deux jeunes femmes aux destins étroitement mêlés et racontés en alternance.

L'une s'appelle Léonie et évolue en 1891 dans une ambiance romantico-gothique pleine de mystère. C'est une jeune et jolie parisienne, curieuse et volontaire, vivant avec sa mère et son frère auquel elle est d'ailleurs très attachée. Elle aime la musique de son voisin du dessous, un certain Debussy, et se passionne pour les histoires de fantômes.
Lorsqu'elle se retrouve subitement invitée par une tante devenue veuve, dans le domaine familial de feu son oncle, c'est le désir d'aventure qui l'emporte sur la perplexité que suscite le sentiment de mauvais souvenirs que les silences de sa mère laissent pressentir.

L'héroïne de 2007, s'appelle Mérédith. C'est une jeune américaine qui décide de profiter d'un voyage en France, à l'occasion d'une biographie qu'elle écrit sur Debussy, pour revenir sur les traces d'un passé familial très nébuleux.
Une partition de musique accompagnée d'une vieille photo en noir et blanc, ainsi que des cartes de tarots curieusement mises sur son chemin lors de sa brève halte à Paris, vont la mener dans les pas de Léonie, et surtout jusqu'à ce mystérieux Domaine de la Cade, dans la ville de Rennes-les-bains, elle aussi ^_^

Pour être tout à fait honnête, le récit de 1891 a nettement remporté ma préférence, et me donne envie de dire qu'il se serait presque suffit à lui-même !

Un texte de Baudelaire (recopié ci-contre) précède le début du roman, et introduit terriblement bien la scène d'ouverture dans le cimetière de Montmartre, en mars 1891, au cours duquel un simulacre d'enterrement dresse d'emblée un climat troublant.
J'ai particulièrement aimé l'ambiance gothique qui plane sur le mystérieux Domaine de la Cade. Une ombre maléfique s'y tapit, et prend consistante à mesure que les pages se tournent, provoquant très vite chez le lecteur l'envie d'en savoir davantage ^^
La douce et fantasque Léonie mérite aussi une mention spéciale, et pourrait presque être une héroïne à la Brontë ^^ Avide de récits occultes, sa curiosité et la découverte d'un livre très étrange, vont l'entraîner jusqu'au fameux Sépulcre, dans lequel des forces invisibles et terrifiantes se cachent.
" Un moment elle resta à fixer les dernières lignes du manuscrit. Quelle histoire extraordinaire. Une mystérieuse interaction entre la musique et le lieu avait donné vie aux figures des cartes et, si elle avait bien compris, appelé ceux qui étaient passés de l’autre côté. Au-delà du voile… comme l’indiquait le titre inscrit sous le papier paraffiné. "
Les dissimulations de son frère, les énigmatiques tourments de sa tante, et la présence d'un inconnu malfaisant dont elle ne soupçonne rien, ne font qu'ajouter une atmosphère mélancolique et très romanesque à l'histoire.

Lors des retours dans le présent, il est vrai que ce que découvre Mérédith en 2007 apporte un éclairage supplémentaire sur certains événements du passé. Mais malgré cela, je me suis beaucoup moins passionnée pour son histoire personnelle, hormis les passages en corrélation avec Léonie.
Habituellement, j'aime beaucoup les sauts entre deux époques, et l'idée que deux fils conducteurs soient prédestinés à se rejoindre vers l'apogée me stimule toujours.
Mais là, j'ai ressenti un déséquilibre durant la partie contemporaine.
Les développements autour du Tarot divinatoire (d'ailleurs, le jeu Bousquet, dont il est continuellement fait référence, n'existe pas ^^), ou la reprise des légendes sur le trésor de Rennes-le-Château, ne m'ont guère captivée, contrairement aux chapitres sur les événements de 1891.

C'est donc avec un sentiment mitigé que j'ai quitté ce Sépulcre.
Avec le recul de quelques jours, je constate que s'estompe déjà l'histoire de Mérédith, et qu'elle ne fera pas le poids face au charme opéré par la fiévreuse Léonie.
Mais même si le souvenir jalousement gardé de cette atmosphère gothique de 1891 se fera au détriment des chapitres de 2007, je sais maintenant que Kate Mosse détient certaines clés ouvrant sur un passé fantastiquement romanesque !

Avril :Thriller, polar, policier
Thriller 2/3 - 5 points

lundi 1 mai 2017

Féelure de Silène Edgar

Synopsis : Le jour, Gwen est une personne tout ce qu’il y a de plus ordinaire : elle a un emploi précaire à la bibliothèque de la ville, un mari aimant et deux beaux enfants. Mais chaque nuit, elle est fée et travaille à la BAKF, la Brigade anti-kidnapping de fées. Et justement, de récentes disparitions leur donnent du fil à retordre... Avec son coéquipier et ami Arthur, elle va vite découvrir que cette nouvelle affaire pourrait être plus sensible que prévu. Pourtant, si dangereuse que soit cette nouvelle enquête, ce n’est qu’une épine parmi d’autres dans le pied de Gwen. Car au prochain solstice, elle va devoir faire un choix : rester humaine avec son mari et ses enfants, ou abandonner son ancienne existence et devenir fée pour toujours aux côtés d'Arthur...

Fantastique - 88 pages - Editions Bragelonne (2014)

Avis : Ma virée dans les territoires FÉEriques continue, et aujourd'hui je viens vous parler d'une novella bien sympathique, débusquée dans le sillage de poussière de FÉE de ma petite Stelphique.

Il n'est pas toujours nécessaire de partir très loin pour rencontrer des FÉES... 
Une bonne nuit de sommeil peut faire l'affaire, pour peu que comme Gwen, vous ayez été recrutée par la BAKF, Brigade anti-kidnapping de FÉES !
Gwen, est une mère de famille comme les autres... enfin non, pas tout à fait ! Depuis le dernier solstice d'hiver, c'est aussi une demie ! Dès qu'elle s'endort, ses rêves la transforment en FÉE, et enquêteuse de surcroît.
Humaine le jour, et FÉE la nuit, vous admettrez que la vie d'une demie doit être bien remplie !!!
Seulement voilà, cet état ne durera pas éternellement, elle va devoir faire un choix irrévocable d'ici le prochain solstice d'hiver :
Soit rester humaine et quitter définitivement la magie du monde FÉErique, ainsi que son coéquipier et ami FÉ Arthur avec qui elle partage de fiefFÉEs aventures !
Ou bien devenir FÉE à part entière, en abandonnant son existence humaine avec enfants et mari, pour toujours ! 

Cette lecture fût un pur moment de légèreté !
Silène Edgar a trufFÉE cette petite histoire de jeu de mots et d'expressions qui nous font sourire à répétition, sa plume est FÉEconde de petites trouvailles !
Idéale le temps d'une pause-caFÉE, on se surprend même à regretter qu'elle ne soit pas plus étofFÉE car l'idée de cette double-vie humaine / FÉErique est plutôt FÉEstive ;-)
Vous apprendrez que n'est pas forcément FÉE qui veut, mais que si vous êtes FÉErue de FÉErie, cela pourrait bien interFÉErer en votre faveur ^_^ 
Vous découvrirez aussi que le statut n’est pas réservé qu'au sexe FÉEminin. Et qu'elles sont toutes diFÉErentes, certaines pouvant être de vraies FÉElones, et d'autres assez FÉEroces.

Certes, cette orgueilleuse de Titania a fait tout un pataquès autour de son union avec Obéron, décrétant qu'ils étaient roi et reine du Petit Peuple, mais dans les faits, ce ne sont que deux vieux emmerdeurs qui passent leur temps à se faire des crasses. Sans ce fé devenu dramaturge, personne ne les connaîtrait chez les humains.

J'ai bien envie de FÉEdérer autour de cette novella toutes les FÉES qui s'ignorent encore, simplement parce que leurs rêves s'évaporent au réveil, où qu'elles se croient un peu trop FÉElées de FÉErie ! Ne soyez plus FÉEbriles devant vos contes préFÉErés, mais laissez-vous ébourifFÉE sans complexe ! 

Sans être FÉEnoménale, cette petite histoire offre une bonne boufFÉE de rêves, et fait triomFÉE les amoureux de FÉErie qui se reconnaîtront en la lisant :)

*Toute faute d'orthographe éventuelle, ou simple manquement aux règles de conjugaison ne sont qu'interFÉErences purement et FÉEriquement involontaires ! 😇

lundi 24 avril 2017

Séance de rattra’pages #9


N’ayant pas la possibilité de chroniquer toutes mes lectures, j’ai créé ce petit rendez-vous trimestriel permettant de faire la synthèse de mes découvertes passées, et surtout d'en garder la trace.
Ce billet, publié à chaque fin de trimestre, est comme son nom l’indique, une séance de rattrapage de mes conquêtes livresques des trois derniers mois écoulés.
Voici donc mes lectures des mois de Janvier, Février et Mars 2017, classées par ordre de préférences !
Et pour retrouver les précédentes séances, c'est par ici...

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(Cliquez sur les couvertures pour accéder aux fiches des livres)
  • 22/11/63 de Stephen King (1044 pages) : THE NUMBER ONE de ce trimestre !!! Mes retrouvailles avec Le King ont été émotionnellement renversantes 💗! Une histoire à couper le souffle, et une fin qui déchire tout, comme je vous le disais dans ma chronique
  • Les Aventuriers de la Mer, T1 : Le Vaisseau Magique de Robin Hobb (316 pages) : Restée sur mon beau souvenir de L'assassin Royal, j'étais folle d'impatience de prendre la mer pour une traversée aux côtés de Robin Hobb. Elle m'a une fois de plus embarquée avec son talent de conteuse extraordinaire ! Retrouvez l'essentiel de mon journal de bord dans ma chronique.
  • L'Aube de la Nuit, T2 : L'Alchimiste du neutronium, partie 2 : Conflit de Peter F. Hamilton (768 pages) : Une suite toujours aussi addictive, fourmillante de personnages et d'événements passionnants, qui continuent de donner à ce space-opera une envergure faramineuse 😲 C'est promis, j'écrirai une chronique après le dernier tome... Mais avant il m'en reste encore 2 à lire ;-)
  • L'homme qui mit fin à l'histoire de Ken Liu (112 pages) : Un récit court pour une révélation choc ! La preuve que le mélange SF + Faits historiques peut faire émerger de stupéfiants récits ^^ 112 pages d'une grande intensité, dont je suis ressortie avec la ferme intention de lire tous les autres livres de Ken Liu, c'est une évidence !!!
 
  • De sang-froid de Truman Capote (506 pages) : Un grand classique de la littérature américaine, magistralement écrit ! Tiré d'un fait divers glaçant, l'auteur nous plonge avec une maîtrise stupéfiante dans la psychologie des tueurs de toute une famille. La sensation de malaise s'insinue au fil des pages, dévoilant toute l'étendue du talent de Truman Capote, à découvrir absolument !!!
  • Du domaine des murmures de Carole Martinez (226 pages) : Un Prix Goncourt des lycéens amplement mérité. Une plume ardente et passionnée qui m'a barricadée le temps d'une lecture dans la cellule d'une recluse volontaire, avec un pouvoir saisissant insoupçonné, et auquel je ne m'attendais pas ! Sortir de ma zone de confort m'a plutôt bien réussi, comme le prouve ma chronique.
  • Notre-Dame-aux-Ecailles de Mélanie Fazi (313 pages) : Traductrice de Lois McMaster Bujold, Poppy Z. Brite, ou Brandon Sanderson, pour ne citer qu'eux, Mélanie Fazi révèle dans ce recueil de nouvelles très inspirées, qu'elle ne manque pas d'imagination et de maîtrise ! C'est assez rare pour le souligner ; ses récits m'ont tous pris dans leurs filets dès la première ligne, à chaque fois ! L'ensemble du recueil forme un tout ensorcelant, voire même troublant, qui me donne l'envie d'en découvrir encore davantage !
  • Fées, weed et guillotines de Karim Berrouka (378 pages) : Un moment de lecture follement divertissant, et placé sous le signe de la bonne humeur ! Roman noir pimenté à la sauce Urban Fantasy, ici les fées sont furieusement déjantées, perdent facilement la tête, et pouffent à la moindre fumette de weed 😊 Tout ceci pour notre plus grand plaisir évidemment !!! Vous êtes intrigués ? Et bien venez donc lire ma chronique.

  
  • La trilogie de La Voix des Oracles d'Estelle Faye (985 pages) : Une trilogie riche et fourmillante de références mythologiques, et qui aurait pu être un coup de cœur si le côté "jeunesse" n'avait pas atténué certaines émotions ! Mais il s'en est fallu de peu, et mon envie de suivre la carrière littéraire d'Estelle Faye en ressort renforcée ! Pour en savoir plus sur mon ressenti de chaque tome, je vous invite à aller lire ma chronique.
  • Les visiteurs de l'autre rive / Winter people de Jennifer McMahon (428 pages) : Voilà un titre découvert grâce à ma petite Fée Stelphique, et avec lequel je n'ai pas vu le temps passer ! Une histoire de revenants vraiment prenante, se déroulant sur deux époques différentes, et mêlant frayeur, mystère et émotions de façon excellente. Un vrai page-turner que vous ne pouvez lâcher avant la fin, comme j'aime en lire de temps en temps ;-)
  • Exodes de Jean-Marc Ligny (538 pages) : Je crois bien que c'est le premier roman Post-apocalyptique climatique que je lis et j'avoue ne pas m'en être encore totalement remise ^^ J'ai été saisie par la noirceur du récit. Terres dévastées et peuples déracinés, où règnent violence, famine, terreur, et injustice... Bref, un scénario à faire froid dans le dos, résonnant un peu comme une mise en garde, et bigrement bien maîtrisé par l'auteur !
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Ce premier bilan de l'année est meilleur que d'habitude avec 13 lectures, dont 12 romans, et 1 recueil de nouvelles, soit 5614 pages lues au total.
Pas de quoi fanfaronner, mais je suis tout de même satisfaite qu'aucune lecture décevante, ni même en demi-teinte ne se soit invitée à la fête, c'est plutôt cool 👍 Pourvu que cela continue dans la même veine durant les mois qui viennent ^_^

Dans ma séance précédente, je vous avais dit que les challenges étaient bénéfiques pour l'activité du blog, c'est pourquoi je n'ai pas hésité à me (ré)inscrire à plusieurs d'entre eux, en voici la liste :

Ma pile à lire ne cesse d'augmenter, j'ai donc abandonné l'idée de consigner ses entrées et sorties... Si elle n'était pas si imposante, je lui dirais bien de voler de ses propres ailes, mais je me contente simplement de la laisser vivre à sa guise, sachant pertinemment qu'il me faudra plusieurs existences pour en venir à bout 😅

Je profite également de cette séance pour vous remercier une nouvelle fois de me suivre si régulièrement, et ce malgré le manque de régularité de mes publications. Je n'oublie pas que c'est grâce à vous si ce blog est toujours actif !

Mon planning de lecture est sacrément chargé pour les semaines et les mois qui arrivent, et j'espère réussir à mieux gérer mes activités bloguesques...
Quoiqu'il arrive, je vous souhaite de palpitantes et inoubliables lectures, parmi lesquelles je serai ravie de venir piocher sans vergogne en passant par chez vous :D
😘

mercredi 19 avril 2017

La Fille du roi des elfes de Lord Dunsany

Synopsis : C'est sur l'ordre du roi son père que le prince Alvéric entreprend de traverser la forêt enchantée pour y découvrir et enlever la fille du roi des Elfes. Il la trouve en effet, après avoir combattu les chevaliers qui défendent sa demeure, mais le rapt n'aura pas lieu : en effet, c'est de son plein gré que la princesse Lirazel, conquise, suivra le jeune prince jusqu'au royaume d'Erl, où naîtra Orion, le fruit de leurs amours.
Mais le roi des Elfes, furieux, envoie vers sa fille un troll porteur d'un message magique qui la ramène près de lui. Alvéric, inconsolable, part à sa recherche, mais protégée par la magie de son roi, le domaine des Elfes est devenu introuvable. Tandis qu'Orion, qui grandit en beauté et en sagesse, apprend à connaître la forêt enchantée…

Fantasy - 304 pages - Editions Folio SF (2012)

Avis : Il est toujours bon de se tourner vers les fondamentaux, et à l'occasion du Challenge Printemps Elfique, ma curiosité est allée vers un texte étant considéré comme l'un des premiers romans de Fantasy, édité avant même que le genre soit nommé ainsi !

Je prends d'abord le temps d'écrire quelques lignes sur l'auteur :

Edward John Moreton Drax Plunkett, 18e baron de Dunsany, est un écrivain irlandais, né en 1878 à Londres. Considéré comme l'un des fondateurs de la fantasy moderne, il est l'auteur de nouvelles, romans, pièces de théâtre, poèmes et essais, publiés sous le nom de Lord Dunsany.
Dans l’une de ses lettres à C.A. Smith, H.P. Lovecraft dit :
« … la richesse de sa langue, sa vision cosmique, sa puissance onirique, et son sens aigu du fantastique, tout cela me séduit plus que tout dans la littérature moderne. »
Lin Carter dit aussi :
« Comme Lovecraft, je fus moi aussi profondément ému : Dunsany était issu d’une grande famille, et ses ancêtres étaient les compagnons des rois, il portait un titre de baron parmi les plus anciens des îles britanniques ; il avait connu Yeats et se souvenait de la mort de Tennyson. Il était l’un des plus grands auteurs de littérature fantastique de tous les temps.»

Ce roman, La Fille du roi des elfes, écrit en 1924, se situe entre le conte merveilleux et la fantasy épique. Il est réputé comme étant son chef-d'œuvre, et après avoir lu que tout amateur de fantasy se devait de le posséder dans sa bibliothèque, je n'avais plus qu'à obtempérer docilement ;)

Répondant aux souhaits de son peuple d'être gouverné par un prince enchanté, Le Roi des Aulnes envoie son fils Alvéric dans le monde enchanté afin qu'il aille chercher la princesse Lirazel, fille du Roi des Elfes. Muni d'une épée magique, Alvéric parvient à déjouer les pièges de la forêt enchantée, et par ses beaux discours, à séduire la princesse pour la ramener de son plein gré sur la terre des hommes.

Partant d'une idée de base assez classique à première vue, on pourrait croire que l'histoire se résume à ça, alors que pas du tout ! Oubliez la traditionnelle phrase « Ils se marièrent et vécurent heureux », ce qui nous est conté ici est ce qui vient ensuite...

Dunsany raconte ce qui se passe APRÈS le mariage entre un mortel rattaché aux choses de la terre, et une princesse fille du Roi des Elfes, immortelle et issue du Royaume Enchanté.

La prose est poétique et nous emmène sur des chemins contemplatifs mettant à l'honneur la nature dans toute sa splendeur et diversité. Celle-ci est mise en scène en grande pompe si j'ose dire, et témoigne de la place d'honneur que veut lui donner l'auteur.
Dunsany y restitue l'imprégnation des collines et pâturages de l'Irlande de son enfance et de leur atmosphère légendaire. L'enchantement et la musique de l’antique Tara n'est jamais très loin dans cette histoire merveilleuse.

Lord Dunsany était un chasseur passionné, et cela se ressent énormément dans cette histoire. Les (trop longuets à mon goût) passages de chasse à la Licorne, frénésie du chasseur avec ses chiens lancés à la poursuite de leur proie, trahissent de l'enthousiasme de l'auteur pour cette activité. J'avoue qu'ils m'ont rebuté, laissant mon attention se relâcher plus d'une fois.

En revanche, j'ai apprécié sa façon de décrire les terres imaginaires du Royaume enchanté, de matérialiser sa frontière avec la terre des hommes, et de la faire refluer lorsque le prince cherche à retrouver Lirazel retournée chez son père.
Le franchissement entre les deux mondes est au cœur du récit, l'un étant figé dans une immobilité perpétuelle, tandis que dans l'autre, le temps s'écoule inexorablement.

Le changement, toujours, et rien de durable. Il songea alors au calme éternel qui préservait la beauté du Royaume Enchanté. Puis à la tribu de trolls qu’il y avait laissée et se demanda ce qu’ils penseraient des manières de la Terre. Et c’est ainsi que les pigeons furent soudains terrifiés par un brusque tintamarre : c’était Lurulu qui éclatait de rire.

L'arrivée de la magie dans le monde des humains met en lumière tout le talent de Dunsany pour nous parler des esprits magiques et des êtres fantastiques ! Cette histoire est digne des meilleurs contes classiques pour enfants, mais dans un style, et parfois même avec une certaine emphase réservés aux adultes qui n'enlèvent rien à son côté fabuleux.

Je mentirais si je disais que je me suis laissée emporter par ce roman ! L'écriture est trop lyrique, le style un peu vieillot et contemplatif en comparaison de la Fantasy tonitruante d'aujourd'hui. Certains passages ont laissé poindre l'ennui, je l'avoue... Mais je ne regrette en rien cette découverte qui m'a plongée à la source de la Fantasy, et qui détient cette aura féerique des textes fondateurs étant à l'origine de ce genre que j'aime tant !!!
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